Bon, ça a merdé quand je me suis décidé à déposer le petit dernier ici. Je checkerai ça plus tard. En attendant, il manque des morceaux et la mise en page est dégueulasse. Enjoy.
jeudi 28 janvier 2010
Imago Circus - La nuit des singes européens
PASSAGES
Elle est morte dans ma tête
Tripes
Rêves
Masturbations orientées
Maintenant, je m’accroche à une hallucination
Amis conquérants, inquiétude sublime
Illusions perdues
Fils d’oiseaux faibles et criards
Ivres, intimes
Surplombés d’absences polluées
Nous sommes nés à nouveau
La voix d’une garce plonge en nous, prédit l’avenir
Un battement, une dilatation
Elle me murmure mon nom
J’oublie
On marche sur la nuit, exposés
Planqués comme des animaux blessés
Une seule tension,
Aussi minuscule que les instincts tendus sous la peau
Attraper au vol un espoir,
Un silence sans agression.
LES FLEURS SUSPENDUES
Les homme primordiaux se retrouvent aux hanches du vieux monde
Un parasite dans le ventre
Immeubles avancés sur les ruelles astrales
Et l’horizon se déploie, esseulé, dans l’attente
Limpide
Le crachoir du soleil
C’est le moment où tout se passe
Les ressacs de lumière
Les derniers névadas
Les crépitements orange, couvés
L’univers se referme comme une mâchoire fuselée
Vibre à l’intérieur
Se décharge dans la peur
Aspiré,
Saisi
Babel se dresse tout entière dans nos bouches
Voilée contre les vibrations nouvelles du silence sacré
Plus une âme ne souffle
La tôle fabuleuse et la poussière éclairée du temps suspendu
Vibrent en lamelles fines et en postures de reines
Un chemin couché, bordé d’écume
Eclot de la coquille d’une seconde interstice
Vide
Une fleur-ampoule dans la poitrine
Les frissons électriques me piquent l’échine
Un mauvais rêve imminent et un générique de fin, en flash
Scandé
Perpétuel
Puni,
Les enfants ne dormiront pas cette nuit
Et nous traversons la douce fin du monde
La venue des musiques transpirantes, timides et tendres
La venue des pures catins souriantes et blanches
Les vieillards doubles et fatigués ont tout caressé des poitrines sombres et
abondantes de la nuit
Ils s’en retournent maintenant dans la plaine de jeux déserte
tremblants et lourds de vents
maudits
sous les regrets de la vallée européenne
Et je vois les poètes, brûlés par les cendres d’un autre monde
Éteints
Chacals célestes, brisés par le collier de force,
Bavant quelques visions, affamés de signes manquants
Ils se déchirent une rage imaginaire
Une folie latente, un miroir brisé
Un délai
La solitude maîtresse
Les plants fatigués de pylônes et les orgues profonds célèbrent les déserts frémissants
aux abords des villes
et leurs haletantes intrigues chimiques, et les secrets de leurs bandits amoureux
ah, ma belle
ma drôle de nuit tzigane européenne
mon doux bébé triste et curieux, ah
frémis, danse, souffre et chante-moi les bordels rouges
chante-les moi, je disparaîtrai de ta vue et je t’aimerai encore quand tu m’auras oublié.
CALÉ
Sous les reflets équivoques du crépuscule
Les émeraudes se taillent
Une suspension rare se fait sur les voies usées
Dans la lumière descendante,
Le décor se dilue avec justesse
Il ravive les faims précoces et l’humidité râpeuse du béton
Il me souffle d’attendre
Et loin du flux des villes principales, troublantes et fascinées,
Putains calamiteuses à la recherche de la dernière sensation
Du prochain fix calmant, de l’illégalité orange et verte
Lézardées d’héroïsmes anonymes, gonflées, battantes
J’entends mille voix perdues
Sous un vent frais qui s’engouffre,
Déposés, des animaux sourds et voraces sortent de la terre
Un aveugle éveille ses sens et se fraye un chemin sombre dans les ruelles
Il attend les révélations blanches,
Mélange d’ouvertures nouvelles
De prise de poids dans l’univers
Et des rares caresses qui soulèvent le voile
Scalp sans douleur
Musique porteuse, vitale
Accrochés par cet appel, on squatte l’esprit du temps
Dans les yeux bleus et perçants qui traversent les feuillages
Vendus à la pièce, on marche
Flous et pas entièrement noirs
Dans notre conscience
Fragiles, là où la peur naît
Par des rêves morphine nombreux, couchés sans espoir d’une relève
D’autres âmes tracent, laissent flotter leurs mouvements libres
Des spasmes et des rêves
Identiques,
Les souvenirs s’achèvent, deviennent fantasmes
Les vieux fleuves tranquillisés laissent des sillons vides
Câbles et clignotements
Marche insensible
Indépendance
Le signal du voyant ne vient toujours pas.
NON-DITS
Les canyons
Les fantômes des femmes qui passent et des nuits blanches,
Beuveries naïves et myopes, pauvres illusions
La chance sourit,
C’est la règle, le bon deal qu’on chope, qu’on masque
Puis on se retire, battu, en dèche une nuit capitale
Une figure de plus sur les toits grinçants à la grâce de la mort
Si peu habillée pour une dernière sortie
A la fragilité, célébration d’un échec accidentel
Le monde est attentif
Le monde retient son souffle
Le monde avide de viande
Ultime vision cosmique de crasse, anonyme
Je serai dansant sans atmosphère
Intrus dans la lumière,
Je tourne en rond
Je me retire de la scène, et je me paume un peu moins
Ce sont mes lèvres, tu sais
Qui hésitent et hurlent
Mais les colères perdues sont un banquet sans fin.
MIMIQUES
Origine de nos vies
Alvéole transpirante
Creux à saturer
Est-ce que tu vois le sens et la fin de la danse tout autour de toi ?
Soleil inégal
Cellule délaissée, distante
Dis-moi où nous allons
La vie se planque
Foyer de nos actes en crise
On s’étouffe
Tu vois les gouttelettes d’ennui sur les troupeaux humains qui marchent ?
Le funambule se tient debout sur sa haute corniche
Il attend, il meurt
Entre la nuit et le jour
Et le romantisme européen fait encore des enfants fous
Est-ce que tu sens leur odeur ?
La chaleur soupire
Sous les dahlias noirs des vapeurs d’usines
On n’a rien voulu entendre
On ne s’est pas salis
On est restés dans notre tête, on sa senti venir le manque
Et tu gardes tes lèvres loin des miennes,
Elles volent, la trace de leur rire ne s’est pas réparée
Prisons inutiles
Raffinerie de peines et d’airs égarés
Le sens des signaux de fumée
Tu recules devant moi
Course, drogue, souffle manqué,
Déchirés par une main invisible
Je suis réfrigéré et je me crève
Face aux mêmes blancs, les mystères de la toile
Et j’étrangle le même malaise,
Je hurle, je perds parfois le contrôle
Tu m’aveugles dans ton sommeil
Rayures du même vide sidéral
Sur de grands yeux solitaires.
NIGHT LIFE
Le soir s’allume de couleurs peu naturelles
La peau de toute une partie de la haute ville respire
Comme une foule béante
Des milliers de gorges
Des milliers de jambes
Furieux, répétitif, l’air frelate nos poumons
Un vacarme diffus de paroles coupées, en boucle
Les heures se suspendent
Des lèvres brillent dans la nuit
On est la scène labyrinthique, matricule solitude
Matraquages de peau, des os et des brûlures
Un baiser permanent qui s’éclate contre un mur
Parmi les espaces bouffés entre eux,
Bizarres négoces de drogues
Et les foules désaltérées
Sexes béants, sexes dressés
Des postures se forment dans la buée
Et sans reflet, on croit être seul
Aucune solidarité n’est de mise
On s’écrase, dans la dissolution
Une défonce supérieure nous appelle, nous pulvérise
On se rassemble
On s’estompe
On comprend mieux nos visages quand la foule est soumise.
SOLITAIRES COMME DES HOMMES
Notre inconscient collectif s’est planté
Et il remue maintenant comme au réveil d’un rêve
Les jeunes vierges stériles sortent de la glaise
Les mâchoires crissent et se ferment
Les villes ne se font plus voir pour rien
Grandes charpentes métalliques d’absurde,
On se retrouve au vol
On se retrouve sous l’oppression
Et les lucioles ont bien le cul qui brille
L’esprit dispersé et l’œil qui claque
Threesome de flashs et de torsions de masse
On s’attache puis on crache
On se perd
Et on repensera à ce qu’on a pensé
Et on cherchera à se reproduire nous-mêmes
Foutre dans la bouche et merde,
Je ne suis pas une vision, je ne suis pas une onde
Instrument créateur de spectres
Il aurait fallu une heure de plus, on aurait pu dire non
On oublie qu’on se faufile entre l’attente, et l’indécision
On aurait pu courir ensemble et s’en foutre
Mais il a fallu qu’on se plante sur la route
On s’écorche aux mêmes tôles sans plus savoir parler
On avale sans comprendre ce qu’on nous a donné
On joue notre rôle
Les insectes volent dans le froid
Pourquoi j’abandonne
Pourquoi on n’en sort pas de soi
Pourquoi on oublie
Pourquoi ça tourne et pourquoi on s’assomme
Solitaires dans la weed
Solitaires comme des hommes.
ET J’ENTENDS L’ÂME DU JOUEUR QUI S’ISOLE
Dans mes délires opaques,
A fleur d’émeraude, mat
Je ne distingue plus rien
Je crois
J’écoute
J’ai besoin d’un autre brouillard pour penser
Innocentes
Les femmes de roses et de lianes s’enfoncent dans les tripes
Angoisse, fureur, amour
Je les observe, elles me parlent de ma vie
Je les espace,
C’est tous les murs que j’rase à l’abri de la lumière
Dans la nuit la plus profonde,
Je les entends
Seul par instinct, parce que c’est ma voie
Les rumeurs se lancent, sourdes, éveillées
Je rumine sur le trottoir
Je ne sais plus où je vais
J’ai toujours pensé me projeter un monde
Je l’ai retrouvé quelques fois, mais il tombe
Et toujours avec la peur d’y plonger, je l’effleure
Au pas de l’être humain
Sans y poser mes baisers
Sans y tremper mes mains
J’ai peur de perdre ma mélancolie
Le gouffre d’Alice
Mon identité
Et c’est la seule chose qu’on sent
Dans l’immense onde des hommes
La seule chose qu’on sent
Putain mais laisse tomber.
LE BAISER
Il se tient droit,
Il mange paisiblement à sa table
Le temps n’a plus court
Les poètes n’écrivent plus de poèmes d’amour
Il n’y a plus de femmes à aimer
Il sait quand s’asseoir, il sait quand s’éclipser
Bizarrerie, lent assassinat des miroirs
Consentement
Pendule de manques et de besoins
Une liberté négociable
Des excuses, un horizon vague
Une fatigue et une caresse
Double unité
Dilution, mixage, pertes
Découverte d’autres forces
Brusques changements de la tendresse universelle
L’un dans l’autre,
C’est tout ce qu’on est, tout ce qu’on peut perdre.
LES CHATS NOIRS
Agressive à l’œil nu,
La ville est aveugle, repeinte d’or par la lumière
Espace précieux
Vision sainte, particulière
Un night, la mort, la confiance et de la mauvaise herbe
On parle avec un goût sec dans la bouche
On pense trop à ses gestes
On sera encore là demain
On sait pour qui on fait la manche
Périodes stagnantes
Steak froid et flasque des avenues noires
Pullulant la vie &
La pension alimentaire des vieilles frontières,
Le premier élan de tendresse ou de pitié
Il y a toujours quelqu’un alentour
Il y a toutes ces espérances indéchiffrables
Emballant la féminité,
Enrayant les crises, englobant le stress
Les paysages sont une marque
Tout à l’Ouest, désorienté
Il y a un monde imaginaire
On a réussi à sucer les dernières gouttes
La vie sous perfusion
C’est ce qu’on emportera
Pour notre grand départ
C’est ce qu’on emportera
Un monde qui vit de vieilles légendes urbaines
Des téléphones publics, des restes de vie privée
Et les journées-turbines s’allument
Tragiques, titanesques
Les félins font rouler leurs omoplates, ils mangent la crainte
Et claquent, entre leurs pattes-sécateurs
« The whole and primordial money »
Un monde qui chante, pour le condamné à mort
Foutu
Solide
Epuisé
Quarante fureurs innocentes et que des femmes découvertes
Et des variantes, toujours des rêves, des vieilles variantes.
LONGER LES MURS
Expressivité nouvelle, débutante comme le silence
Bricolage d’un enfant pauvre en fuite
Vision rongeante de beauté
Terrifiante et troublée, mystérieuse
Un vieil homme halète
A genoux
Devant une machine, sa gratitude d’être vivant
Et c’est votre ami
La noble tendresse est dans ses yeux
Dans les souveraines errances de l’homme
Nos camarades barbares volent et trébuchent, trébuchent
Frêles disparitions
Poésie
Inquiétude,
Il faut laisser une marque avant de rentrer à la maison
Et d’un lieu à un autre je vois les mêmes doux visages
Tendus, sales, lourds de transes solaires,
D’incertitudes oublieuses sur le sens de tout ça
Du souvenir, de la levée du jour
De l’étreinte et de la danse
Tu disais jusqu’à l’infini et on touche peut-être le ciel, je n’en sais rien
Avant les distantes journées de fatigue
Je rêve toujours d’un drame aimant, irréel, nos vies
Avalées par elles-mêmes
Et je pleure le strip-tease chantant de mon âme
En regardant au-dessus des murs beiges,
Ces auréoles qui nous feront magnifiques et éternels
Il n’y a qu’une seule chose qui compte
C’est que ce liquide descende
Pluie de cygnes aveugles au-dessus du désert rebelle
Doucement,
Toute la lumière des ampoules dépose l’illusion du chaos
Et fume, comme moi
Les dernières merveilles en armes,
Blanchies dans nos villes et nos trains et les vieux mêmes baisers.
TERRAIN VAGUE
Je ne veux plus rien voir
Je ne veux plus rien entendre
Je rêve de lèvres bleues dans une atmosphère sans nom
Je rêve
Je réfracte la lumière
L’abstraction de mon passé nourrit des soulagements tristes,
sans haine, sans angoisse
Disparu, isolé, irrécupérable
J’écume l’interstice entre la terre et mon monde
Sans y trouver ma place
Des visages millénaires et fous
Toi et ta belle peur
Je suis presque aveugle
Pas de désirs vertigineux pour tes nuits blanches
L’agonie défait toutes les toiles du sens
Il n’y aura pas de réveil
On ne nous ramènera pas à la signification de nous-mêmes
Juste un pas de plus
Et j’arriverai au point de non retour, je détruirai tout et je reviendrai
Dans la première rivière de la vie, endormi sans conscience,
Ou errant, libre et désolé, libre et désolé
Libre et désolé
Libre et désolé.
SAX
Accroupis sous les néons
Dansent parmi les ombres
Un prophète deux fous et un ange
Et ma folie entre
Un sax crie
Les terrains vagues des chantier bruts soulèvent la nuit
Au-dessus des tours résistantes et baladées
Au-dessus des gosses perdus fumant et fumant
Et riant sur leur solitude
Criant des tubes de lumière
Des éclats
Des évasions lentes, légendes sous les paupières
Ils fuguent dans la sainte rue rouge des putains
Et ils rient timidement
Et ils ne savent pas
Les cris rouges et noirs de la foule
La terreur se déchaîne
Actrice, bel orgasme, promesse dans la voix
Fanfare mystique
Valse européenne
Elle a cherché la folie
Un meurtre tranquille
Une rage systématique
Une descente accélérée, le dernier lâcher prise
S’il pouvait seulement partir
Le jeune ange en chemise
Nuit solitaire et pardonnée, depuis que tu chantes sur les routes
Je ne m’endors qu’à l’aube
Et la porte se referme derrière moi
Le cinglé noir saute dans les cordes de ma moelle
Tu sais
Si l’infini est un mensonge,
je préfère être en cage,
au bord de la route, à bout de souffle
oui, je préfère être absent
ticket de jeu gratuit d’un grand cirque sur une île.
PIZZA CONSANGUINE
Comment pourrais-je vous parler ?
Primitifs
Sanguinaires
Affamés
Vous êtes nés avec la vitesse des aveugles
Et vous êtes restés nourrissons
D’énormes et puissants mômes imbéciles qui gueulent le soir éberlué de la rue
Score bouddhique
Vous n’avez rien oublié, vous n’avez jamais rien su
Vos rires stupides lézardent les parois de ma prison
Vous êtes mon prochain
Vous êtes l’humanité que je vois
Et qui bouffe, bruyante et égoïste, apeurée
Mes rêves, le violon d’ambre
Le sens de nos poussières
Figures baconiennes
Succions manquées de cervelle moite
Vous ne respecterez jamais l’arrière-cadre
Ce qui sort du cliché élémentaire du primate béant
Déplorables
Enfourneurs avides des réseaux d’abrutissement
Ramasseurs de sacs à foutre
Joueurs anonymes de l’herbe jaunie par les glaires
Dégueulis mousseux d’animal sans voix
Brutalités élémentaires,
Vous ne m’écouteriez pas.
L’ARCHITECTE ANIMAL
Les croyances sont tombées
Elles tenaient par la main un espoir
La vie ne s’est pas donnée, elle s’est construite
C’est une anguille sauvage
Elle s’échappe
Elle s’endort
Je suis venu seul et personne ne m’attends dehors
Je suis l’homme libre et terrifié, qui ne touche pas aux images
Je les sens déversées sur le monde, pour moi
Chaque rue et chaque pierre et chaque être
Mon boucan et mon rêve
Et parfois je me sens comme un dieu
Païen déchu, étranglé dans son rire
Je suis une réconciliation
L’adrénaline
Les mamelles visibles de la Terre
Auteur des rivières inconnues, du juste, du fort et du sage
Et les abeilles disparues grondent dans les cerveaux
Le gros aimant détraqué meurt et parasite la vie nocturne
Les cuisses s’écartent au-dessus des puissants trous noirs que je creuse
Je liquide le stock
Constellation carnée de points de fuite
La présence s’essouffle, décousue
Puissance
Galop
Ruine
Stérile
Instable
Négatif,
Anonyme.
VUES, FLIPS & TRAUMA
Les innocents ont les yeux crevés
Les autres n’ont pas compris ce qu’ils voyaient
Les absences impossibles remplissent nos bras
Aucune marche arrière
Aucun meurtre véritable de l’amour
Une mise à l’écart
On fouille les prisons
On sent où on vit
J’ai essayé de tenir la route, toutes ces choses
Le vide amplifié et consentant
Les névroses hertziennes exposées, futiles
La marche funèbre des rêves
Le temps illogique qui observe
Les gens qui marchent et s’obsèdent
La sélection du visage parfait
Et j’ai peur
Des violences différées dans chaque geste
L’inconnu ne se supporte pas ou il renonce
Un choc bruyant à chaque seconde
Streetdance brutale et confisquée
La peur d’être vu
La peur d’être senti
Je ne veux rien non
Je n’en peux plus
J’ai voulu tout comprendre et tout détruire
L’absurdité télescopique dans les rues
Chercher la solitude pour y être rejoint
Ne pas y croire pour être crédible
Sentir un grondement à l’intérieur, qui dicte la règle
Des serpents noirs qu’on digère
Et je gratte les murs de ma vie pour saigner
Espérant surprendre un instant de celle d’à-côté
Cure souveraine de désintox’
De l’homme cristallisé
Impuissance non voulue
Impuissance autonome
Nous sommes une tribu
Je lève mes mains en l’air et mes pieds quittent le sol
Et je hurle la pluie, le vent, la tempête
Enfin, sur le point d’être pulvérisé
Je réussis à vomir toute l’énergie de la création,
Étoiles, aurores, grognements humains.
MILK MONOLOGUE
Tu me regardes
Tu me contiens
nd,self HA.
Hhhh hhhh
Tes visages fourrent ton teint pâle
Tes yeux cristallins
les yeux d’une drogue
Srrrr – gn. Srk : fttt
JE TE HAIS
Où tu m’emmènes ?
Un poumon délicieux qu’on empoisonne
Bouches béantes, yeux révulsés
De vieux micros font crépiter les transistors
Un collier de plastique noir brillant
Les orbites de la mort
Je t’appelle, ça crisse, ça étouffe – BORDEL
GRhhrhrrrh
Réponds
Réponds
Tu me regardes et ta langue m’effraie
Ton sourire a quelque chose de distendu
Une nuance d’intelligence éteinte
Le dernier coup d’œil humain
Une main sur ton cou
Aaaaaa
Tu me sécrète – tu vas perdre ton temps, je t’appartiens déjà
dégoûts du manque ;
je suppure – où est le feu tranchant du dernier passage, de la dernière issue – les crimes infranchissables ?
mon âme, ferme-la
j’ai quelque chose à dire
in-som
nuit
se glissent n’importe où
hors du cadre
des déséquilibres et d’autres – et d’autres visages interrogateurs
et la grande porte derrière toi s’ouvre
quelqu’un fuit
sans avoir l’air de fuir.
RIVIÈRE NOIRE
Sous les ponts et les étoiles, on se fait homme, assis
roulant sa weed et sondant
on capte une seconde, esseulés,
le climax des songes,
un instant fuyant
une flamme de briquet,
de l’autre côté de la rive
les remous circulaires
un instant ultime
les zones successives
les néons sous les iris se rallument
on voyage en fraude, on tente
la pièce manquante, qui s’envole sous la lune
sans intuition correspondante, l’énigme crame et s’enfuit
nébuleuses géantes
les ailes du papillon de nuit
l’obsession, en silence, devient molle
on comprend que la mort est inutile et que la vie est oublieuse
femmes conscientes, cruautés
sans réponse
fascinantes et ambitieuses,
des images
sous les ponts
les étoiles
notre existence s’écarte des parois, elle dilate l’univers
furtives gouttes magnétiques,
filaments dorés, projections
l’innocence court trop vite
un écho dans la salle
et on se cherche au hasard, dans la nuit archaïque
affamés,
dérisoires,
sous les ponts
des étoiles.
MAISONS DE VERRE
Ecartelées par les riders nocturnes
incapables d’émettre le moindre son
les artères ferrailleuses transportent tout le sang du monde
dans un flot gris et rouge et isolé
on passe comme on est passé
fables,
migraines
énigmes dans les palais de la reine
dans le jardin, un chien noir harcèle sa queue
on affronte tous les jours l’ampleur chaotique de la scène
aventure triste et minuscule
penchant pour les cris infiltrés
un beat gronde la jeunesse,
volonté de disparition
des silhouettes
ils dansent seuls, dans la salle de bal
on écarte les jambes
on se souviendra les souvenirs
parler dans le vide
encerclées
prises
nos espérances et nos rêveries
de la vie et de la fumée
quelque chose flambe
frénésie rouge au fond des caves
propagande
sourire embué
blancheurs rauques, crépuscule de la viande
la réponse de la nuit
c’est une pure montée
on arrive à y croire
on est vivants
bouts de chair
tour des regards baisés
dans les gares, les métros, les rues
nos forêts
une flaque permanente
on existe, on repose sur le sol
le fantasme d’une mafia mondiale
dans le sens de la pente
mes parties génitales
sans racine sous les mêmes ampoules-matrices éventrées
les signatures volées
prêts à jouir et à chialer
on cherche à se blottir contre quelqu’un
il n’y a plus de place
écrasé dans la masse
chuchotant pour se perdre
l’étranger ne cherche plus la lumière
tout passe
le boulevard des âmes
tout passe
les fenêtres s’éteignent sur des vieilles femmes déconnectées
ça recommence
la fin de tout
échappée du feu
la création
les foires où discutent les ombres gitanes et transpirantes
visions nocturnes accélérées,
les foules dans le noir qui s’orientent
les mêmes attitudes défensives
les gestes d’un autre inconnu
les esprits qui passent
j’accueillerai avec un sourire sans tristesse tous ces êtres imaginaires
il y aura de l’alcool
il y aura des femmes
du cuivre et du plastique
un cri déterminant et puis plus rien
.
.
.
.
les villes bruyantes descendent sur nous à nouveau.
TOUJOURS DANS LE MÊME SANG
Respire
J’ai fini par te retrouver
J’ai l’impression de recueillir ton dernier souffle
Respire
Quand ça monte, quand ça te déchire l’estomac
Respire
Danse dans tes tripes, salis les murs de ta maison
Je suis là , ma belle, je suis là
Ma tendre et vieille putain,
Je me souviens avoir été malade
Des chaînes qui me maintiennent à ta cheville
Longue descente, à la recherche de ta main
Bascule brisée
Regard absolu
Le formol m’aurait fait immortel, fresque délirante
Ton amour sauvage
Ma plus géniale connerie
Je ne sais plus trop comment mon odeur s’est effacée de ta peau
J’ai couru dans la tempête
J’ai voulu dormir un millénaire
D’autres hommes
J’ai trouvé d’autres hommes dans les profondeurs
Ils m’invitent
Et ce soir je pleure, en pensant à toi
Ma petite putain, comme tu es blessée
Je sais pas où j’étais
Venus avide, ta vie sombre derrière tes yeux de chat
Tu te suicide dans mes bras
Tes entrailles cosmiques sont bénies
Et j’espère que mon dernier baiser t’a redonné des forces
Où est-ce que tu t’enfuis ?
L’hiver ne s’effacera pas
Pardonne-moi
Je t’ai laissée seule, mes insomnies te regardent
Mon orpheline
Pour toi j’ai créé un amour neuf, difficile et total
Et tu es perdue
Tu t’observes et tu ne te reconnais pas
Des mains te montraient nue, inoubliable
Que cherches-tu
Pourquoi je vois la nuit qui se vide devant toi ?
Dors, dors,
N’aie plus peur, cesse de trembler
Course, distance, fracas
Le poète est un loup qui se blesse
Il n’y a plus rien à justifier,
Tu tomberas à genoux
Mais l’animal qui mange l’univers sait te défendre
Alors laisse éclater ta haine, sors-la de ton petit corps
Hurle et chante
Des cavernes et des larmes
Hurle et chante
Je me rappelle, tu sais, j’ai vu les plus belles cicatrices du monde respirer,
Tout doucement,
Dans mon ventre, derrière moi
Dans mes fuites, mes errances,
Dans ma vie
Tu te rappelles, dis-moi,
Ce que je disais, aussi fort qu’un soupir
Ma tendresse increvable
Nos miroirs, l’aurore boréale, une vieille nuit
Ouais, une vieille nuit.
JAMAIS ON NE CHOPE LA PAUME DU TEMPS
1 – Fixer la lumière de ma vieille lampe pas chère
2 – Essayer d’en contenir la morsure et d’échapper au trou noir
3 – Compter mes respirations
4 – Refléter les éclats, être miroir de pensée,
charnel, focalisé
5 – la lumière – ma cervelle et mes dents
Jamais on ne chope la paume du temps
Qui rassasié chante sous la terre
On ronge tout ce qu’on peut ronger, on est les rats dans le sous-sol
Jamais on n’a couru plus vite
Champs-fantasmes de fleurs bourgeonnantes
Écritures maladroites,
Perdre pied
Enchanter un bar vide
Juste un dernier verre
A la fin de ma boucle, je sors dans les rues amères
Cage prépayée pour un chanteur lent, répétant
Le bon vieux temps usé par les centaines de clopes
Dans sa vieille voix témoin, accordéon,
Harmonica, vieillesse gauloise sans filtre
Sagesse, sagesse chevauchée rude vers mes oreilles timides et hésitantes
Guide-moi…
XANAX & LOVE PILLS
Hôtesses dissimulées
Rieuses, rieuses, alléchantes,
Sucs naturels, à l’abri
Lassitude, ennui, masturbation crépitante
Symbiose profonde, tristesses viciées, colères muettes
Masque jovial dans toute la troupe
Expressions parasitées – grondement lourd et encombrant
Versés dans l’autre face du monde,
Leurs silences nous font sentir la vie
Une lente obsession, envahissante
La léthargie
Les dispersions, les stridentes giclées de sang
Carcasse industrielle de viande
A la dérive
Tous les jours se suivent
Les saints coups de poings dans la gueule
Une explosion à la traîne,
Cesser de courir et se retourner
Imaginer une seconde vie à l’amour
En manque et souvent manqué
A croire qu’on est uniques,
Les cheveux brûlent dans les doux replis de l’aube.
DÉCIBELS
Je m’engouffre dans la foule, passe le seuil et accélère,
Encore friable sous ma rosée
Je croise et frôle, je serre et j’évite, j’attends,
Le jour à peine levé absorbe le vent
Je m’encombre des fragments de vie qu’on m’impose
Les gens se harcèlent, tacites, tout ce que je vois me voit
rues, trains, odeurs d’inconnus, vitrines meurtrières, le métro du monde
au-dessus des routes, mauvais oxygène
pensées haineuses dans les bagnoles
De jeunes êtres perdus font figuration
la consistance figure aux abonnés absents
le temps s’assèche et tourne en rond
« vous n’avez pas le droit d’être ici »
les yeux jetés au hasard dans les coins, privés d’horizon
seules et sans contact au milieu d’une filante multitude vernie
les belles femmes aiment se croire regardées
sur les passages en slow-mo qu’on s’invente pour se sortir de l’anonymat
avec une faim qui rappelle la mort insignifiante
mise à l’écart dans un maelström tragique et régulier qui fait pousser les malaises
épidémiques dans toute la sève humaine
mise à l’écart de nos émotions nouvellement plastifiées et libres
libres de toute appropriation
et c’est le gonflement de la névrose invisible
invisible bulle de vide à l’intérieur de notre sale colère
c’est un rire psychotique et vainqueur au téléphone
qui écoute son propre aveu
qui s’écoute vivre chaque son comme une preuve
de l’inconstante et sauvage réalité
parle-moi encore
parle que je sente tes décibels faire vibrer les animaux affolés dans la nuit.
POURCENTAGE
Ils sentent comme les chiens blancs de soif
Poussières d’été, flots contenus
Je n’arrive pas à me lever
Les égouts violés se blottissent dans les canaux
Les pleurs et l’hystérie s’enregistrent
Des hurlements
Nouvelles muselières
On ramasse tous la même merde
Dans la position la plus violente, la vie gicle au plus profond
Déchirés, forcés de tenir le choc
Dans ce creux de sang, de boue, parmi le feu et les déchets
On maintient la tension
Explosions abdominales, bulles, catharsis collectives
Réunions assourdissantes et noires
A la dérive,
Pressés contre les murs sales d’une cave profonde
Lucioles sombres et affolantes
On trace au hasard de longues plaintes sacrées
Eclairs artificiels, flash cérébraux
Malaises verts, au fil du rasoir et de la danse, du trip
Tous les regards tournés vers l’intérieur
On ne cherche qu’à sentir ses tripes
Montée –
excitation ;
rage agitée – funambule
@#O
RECULE !
NOIR ET BLEU
Les nuances s’estompent
Tu nous quittes aujourd’hui
La fumée se lève, une vague s’abat sur ton front
La vision se referme,
cligne,
vibre
claque
Tu disparais
Je retourne la dernière carte
Tu te traînes dans les mêmes couloirs
Écroulé
Furieux
Garde la mémoire
Tu es une pierre où s’inscrivent les souvenirs de l’enfance
Le terrain de jeu se rétrécit
Gonflés de goudron et d’asphalte
Les rêves anciens se voilent d’or
Tout s’évapore à la face de minuit
Le temps se dissout et c’est la chute des arrières-mondes
Tu as marché dans les rues sales
La douane s’allume pour toi
Tu l’as bien compris
Le champ stérile qui s’ouvre sur les rames et les leviers
Ne fait que dire
« Rien ne sera rendu »
Alors continue
Nous étions tous là pour les voir
La puanteur au lever du soleil
La lenteur des heures qui s’enchaînent
Les nuits ont cherché le sommeil
Elles nous oublient
Le beat est un cri qui dissipe l’homme
Et l’esprit prend chair
Et le verbe fut
Dévotion à son art
L’être devant moi ne fuit plus
On s’absente
La poésie se fume
Je m’efface de mon propre visage
Il n’y a rien
La mort ne fait pas de bruit
Comme la fortune de l’homme
La fortune brune
La fuite du temps et les voix lourdes
Une foule se met en colère sous les gaz lumineux
Insensée comme une ville
Enfant essoufflé et déjà froid
Je t’expliquerai
Alors ramène-toi vite
Foyer aride qui nous pardonne et nous dilue
Tout s’éteint sous une violence feutrée
Sous une violence rieuse
Marionnette du vide.
RAMPE EN SILENCE
La pluie bat les becs des oiseaux, le pavé et les toits,
Balayée dans l’air comme des doigts glissent sur une harpe
On sent remuer les peuples humides, déchirant, perforant la pellicule d’eau sur le sol
Tout ressemble à une étrange ballade,
Tout résonne
A travers des tubes de métal chromé
Transpercé sur les branches du grand arbre et goûtant sa sève dégueulasse
Je reconnais le vent et les lanternes crues de la planète
Je les rencontre en fuite
Ni mortelles ni splendides
Les fuseaux gras des forêts en sueur
Garages enchevêtrés d’où sont poussés les premiers cris
Se courbent dignement sous le volcan des nuages et du lourd soleil de l’aube
Une poche de sang suspendue au-dessus d’eux
Leur nourriture et leur règle
Frère langoureux, ondes bizarres, vertes et gluantes
Infatigable hypnotisé
Je peux éroder les hauts murs noirs de mon être
Où arrêterais-je de fourrer mes gestes
Dans la boue fertile et gluante
Sur ton sein pointu si je ne frémis de rien
Etranglées au ciel
Des mains moites, toujours.
ÉVANOUIS
Les tabacs du crépuscule se profilent sans promesses
Tout se joue en moins de deux minutes
– les gens vous regardent, n’oubliez pas –
Ils n’ont pas l’air de s’infiltrer
Mais dans les os, sous la chair et sous la peau, sous la peur
– n’oubliez pas le système de surveillance –
Leur marche fumigène dissipe les sursauts
Hébétude, multiplication
Ils regardent autour d’eux et ils se sentent pris au piège
votre expression est bizarre
Ils marchent le matin et abandonnent déjà
Ils progressent un peu mais ne se consolent pas
Jusqu’à la prochaine panique, ils ne cesseront pas de descendre
Et ils essaient d’oublier, masqués et tendus
Ils n’entendent pas leur rire
– le porno pourrait être un art – la poésie pourrait être de l’art
convulsif et illogique
Tout ça n’était qu’un gros fake, et on n’en a pas terminé
– ne leur faites pas mal –
Ebloui par mille lumières agressives
L’homme est juste en train de tomber et de faire mourir
Il gémit
Il respire l’œuvre de son subconscient
– les mêmes yeux
rejoins-moi –
Il a enfin une marque d’attention
Mais la perspective d’un avenir
– c’est terminé.
ON MANGE LES OISEAUX
Les contours des murs et des visages deviennent tranchants
Les couleurs n’ont plus d’ombre à elles
Et je me promène tout seul
Les étoiles solitaires cherchent quelque part où se rendre
Elles cherchent un endroit où lâcher leur masque
Rails téléguidés d’une souscription pour d’autres têtes égarées
J’ai déjà compris la fleur glaireuse des lents abandons
Et j’ai vu les cernes tendres de l’avenir-sirop
Les cris des enfants volent la poésie
L’audience enfouit leurs petites âmes dans le sol insonore
Un songe sans excuses et sans décor, une distance éprouvée
Le monde épuisé en un souffle,
Les premiers signes du manque se manifestent
Chaque clignement est une défaite
Chaque pas se reçoit dans la gueule
Un joker a pris le contrôle de l’horloge
Les fils des voix enterrées sèchent dans les allées
Par où se perdre
Par où se cacher
Le jeu trompeur de l’âme s’est volé lui-même à l’étalage
Dans les foyers pudiques, on regarde la nuit ouverte et humide
Elle s’infiltre
La gorge d’une petite fille se serre
Tout est cassé
Un bouton d’œil roule aveugle sur le trottoir
Et le vent suce des proies faciles
Des tableaux s’évanouissent
Les couleurs se diluent dans l’œil – il craquelle
Voyagé dans les éclats, à l’examen d’un mauvais signe
Je cherche un autre
Déçu
Sur la panse instable des mers
De la poussière en attente des rêves éparpillés
Appelé
Comme aux rencontres dansantes de l’air
Et si quelqu’un sur terre me ressemble
Je n’aurai pas moins de silences
Deux jeunes êtres usés discutent sur un toit
Les rues orangées soupirent du sang et de la chair sale
À la recherche d’un abri souple et ouvert
Ils marchent encagoulés sans entendre
Les musiques hurlées des vieillards suicidaires
Une autre nuit trébuche,
Colombe nourriture éclatée au sol tu ne viendras jamais.
INTERRUPTION
Retour aux vieilles frontières
Combat absurde
Le corps essoufflé se déverse en mille endroits
Par des voyages répétitifs
Ephémères
Fondus en une mort lente et sans garantie
L'incohérence et l’insomnie
Revenu de mes manques et de mes tensions blafardes
Je vois maintenant ce que la vue ne rend pas
Après la dernière marche
La bouche ouverte la nuque prête à se briser
Une chute soudaine et confuse dans une rue argentée
Je vois
Un homme perdu au milieu d’un désert poussiéreux,
Gigantesque ossuaire câblé sous la rouille et les crevasses
La certitude de finir seul
La fin de la télévision enfin
La fin du monde enfin
La fin des douleurs douces enfin
Prends ma main
Prends-moi dans tes bras
Indocile et ému, rendu à la simple ouverture
Au simple vide, à la simple liberté, au simple animal
Au simple besoin de repos
Le voyageur dépeuplé n’existe plus.
ELLE NOUS REGARDE COURIR
On peut se briser à chercher un au-delà aux choses
Le sens des événements, une limite ou une cause
Mais c’est pas la fin qui compte, c’est le mouvement
Toute une vie comme une course
Toutes les fois qu’on étouffe
L’effort se fait oublier lentement, alors
Faisons la course
Dans les rues substituées, les faiseurs de rythme tapent
Sur tous les trottoirs des tambours et des cannes
Vertige ultime dans les centres abondants
Toile insensée
Comme si au bout, il y avait un rivage
La messe des douleurs et le point de chute
Comme si au bout,
Tout pouvait crever
Avec une seconde chance dans la poche
Tout ce qu’on fait c’est esquiver, en permanence
Les marches charnières et notre ignorance
Partout et vers nulle part
Des larves charnelles, baisées
Qui se ressaisissent simples et uniques
Ombres étalées par de faibles rayons furtifs
Transe électronique, underground
Sacrifice des limites,
On n’agit plus que pour se prouver qu’on existe
Et chaque soir on pleure sous la lune
La lune verte et privée
Mélodie aimante
Filtre rose et effacé
Elle précède toujours le silence
Le silence oppressant et mes nuits abîmées.
ROUGE PLOMB
Approche
Hâlée ou sale ou rougissante
Plaintive
Nommée comme une came
Fixée à mon bras
Il me faut un truc calme, assourdissant
Un marécage épais, lourd comme l’encens et alors je t’incuberai,
Béni, le sang fertilisé
Désespérée, invulnérable
Douloureuse sous la pluie lointaine
Changeante
Influence dans mes gestes
Souveraine déçue, brûlure tacite
Tant que tu peux sublimer ton sexe
Je n’attends plus rien
Indispensable
Vaine
Toi l’aveugle, mon voyage sans issue
Tu peux surgir n’importe où,
Je ne te cherche plus
Trifouilleur d’or dans les parkings à lumière d’alcool
Je dépose tout
Les fleurs de ma nostalgie
La ruche et le miel et le grouillement et la reine
Les vapeurs, je cherche
L’heureuse neurasthénie
Et que mes absences t’empoisonnent
Lumière discontinue, croise mon chemin
Ma camisole, mon gouffre nu
C’est le silence qui résonne,
Tout ça rend pervers
Je fume, la vie glisse sur moi puis se perd
Trop belle pour être étrange, une fréquence sous les doigts
Cave excitante de mon courage
Je ne suis pas très courageux alors ramasse-moi
Je suis un ange
Peut-être et je verrai mes ailes
Dans ton petit dos de soie.
POURSUIS-TOI, FILS
Rapides et frénétiques
Sans conscience
Sans recul face à la rivière
Les jours hallucinés nous rattrapent
Course blanche
couleurs filtrées, complexe de voies et de terre
Hurlement normaux des témoins
La sensation du temps perdant l’éternité
d’un coup de poing
d’un kick
d’un beat amical
Une mélodie triste pendant les jouissances soumises et pâles
Vagabondages guidés entre amis
Un visage nous sourit et on ne le reverra plus
Enorme trou pourrissant et humide
Dans la cérémonie pour mes amours tordus
Recherche infirme et sans terme
Slow facilement gagné
L’illumination coupable
Colmater les brèches et finir à genoux, jugés,
increvables.
SIREN
Je respire mal
L’air gluant rampe dans les avenues
La chaleur est épaisse et sans nuance
Et les femmes avancent
Parfums turbulents, moiteurs dissimulées
Parcelles de chair sucrée
Et les pensées des hommes sentent le sexe
Rance, sans nom, sans « bonjour ma belle », au réveil
La sueur dans l’entrejambe
Et des postures de lions dignes, catalogués rentables
Rafraîchi dans la fumée, contre un mur je songe
Dos à dos avec mon ombre
Je regarde tout ça d’un peu trop loin depuis mes fêlures vertes mes pupilles
Sans lit pour le retour
Et abrité dans mes rêveries goupillées, renardes
J’ai mes sursauts et mes envies
Elles mourront bientôt
Mais moi, il va me falloir du temps
Des mouches sur le torse et les épaules, une mémoire irrégulière
La belle toxine profonde et aérienne
La belle fuyante
Aux croisements, appelée
C’est nos corps qu’on démembre
Des liquides brûlants sont distillés pour nos gorges en demande
Je me faufile
Je sonde le sol, de mes mains
Les vents, mon mince regard agité, flottant
Inexpliqué
Impossible à tenir sérieusement
Ce foutu
Et viscéral
Besoin de se trouver une âme.
DES DÉSERTS DE TERRE VOLÉE
Du no man’s land de terre volée
Il reste des ruelles et du vent
Des cosaques fantômes, des gangs lumineux
Les aurores bleutées
Une obsession totale et parcourue
Les journaux déchirés fondent
C’est la fin des sommeils pâles
L’expression dans l’ombre devient la seule valable
Obscène et molle comme la colère qui monte
Il a fallu qu’on laisse une trace
Après le retournement des âmes et la méthadone
Les absences prolongées qui crament
Le manque de vie qui émane
Des regards souterrains que personne n’a osé
Après les explosions miraculeuses et l’hiver et la zone,
Il a fallu du temps pour se régénérer et reprendre part à la danse panique
Prières, énigmes, chaude et profonde et attendue
marmite pleine de confiances humaines
La voie vers nulle part, le souvenir d’affections maladroites et de fuites
La mer parasitée dans son chant – l’isolement du jeune marcheur sur son beat
Les sourires défoncés s’abandonnent sur nos traits
La photo d’une inconnue qui sourit
Le rêve d’amis oubliés dans la rue et la froide morsure de la nuit
Une après-midi d’amour qui perd son issue
Les hommes crèvent et se croisent
Sauvages, ils laissent place à des gosses
Je marche seul et j’irai où je veux,
Je gueulerai fort
La ville envolée dans le feu,
Un bout de papier crame, flotte, se pose dans ma paume et c’est peut-être un adieu.
NO SIGNAL EXT. 3
Un black-out soudain a enfumé l’étage
Grandes ailes secrètes
La télévision allumée affiche une femme indécise
Parmi les essaims de neige magnétique,
En coupures
Elle ramène à elle les à-côtés du réel
On n’y échappe pas, elle nous laisse crever comme des mouches
Embrouillés
Et les couloirs sont peuplés d’une masse trouble et suffocante,
On la traverse à grand peine
Sans savoir si on peut vraiment s’en sortir
Prosterné,
Attentif,
Je me plante devant les fantômes du passé
J’écoute ce qu’ils ne diront jamais
Les voix imbibées, les messages glissants
Nous traversent et nous imprègnent
Chaque fois qu’on est seul sous la lumière
On ne voit jamais le mot « fin », il n’y a pas de sortie grandiose
Des centaines de bras décharnés nous agrippent,
Des apparitions suicidaires pour stimuler nos fuites
A travers le mur, les voix atténuées laissent deviner la vie
Il n’y a pas de porte et pas de fenêtre
Mais un trou dans la paroi
« Communique avec moi »
Je m’approche
Je m’y colle – et tel une fourmi rouge perdue dans la nuit,
C’est en voyeur que je tente d’y pénétrer, sans dégâts, sans frottement
Je ressens chaque vibration
Je tire sur tout le système nerveux comme sur une corde mouillée
Mais je ne vois rien d’autre
Qu’une vieille femme morte dans une chaise
Devant la télévision allumée
Où es-tu, par quel putain de trou est-ce que tu fous le camp ?
D’AUTRES VOIX
Au milieu d’éclats de pierre
D’éclats de doutes
Elle se parle à elle seule
Odeur cendrée de l’amour
Faveurs du désert
Elle ne s’attend pas à me voir
A son réveil
Elle est la trace du soleil
Jusqu’où pourrai-je y voir
Heurté par quelle limite ?
Tout se retient dans un seul petit cri
Des voix d’esclaves qui remontent
Et qu’on écoute par l’esprit
Une longue plainte étouffante
Elles parlent avec ma langue
Elles disent peut-être la vie
« Laisse l’argent sur la table de nuit »
ENFANT-SIÈCLE DE PUTAIN
Tu sais que je serai nu sous le feu rouge de la dernière scène
tu sais
quand j’étais jeune je voulais vivre comme une légende américaine
rock’n’roll hip hop contrebande enfiévrée
pour se prendre sombre
le trip des veines du monde
pour changer de tristesse en chemin
distorsion, look away, projetée
voiture aérienne du dernier voyage
quand tu viens, fonce dans un cri rauque
on connaît à nouveau notre destin
quand on se taira, entre les rouleaux de sang
quand, au bout de la voie,
éclairés par le lampadaire lunaire
qui montre son visage hurlant quelquefois
on regardera l’espace en fraude
on comprendra d’un coup le temps rapide et fragile
et son héritage dans le plus plastique degré de l’aube
irréels,
apeurés,
nous serons sans paroles pour le vieux chant
la femme fera son sourire sacré
nos poings s’abattront dans la poussière
réconciliés
on s’arrêtera juste au bord
avec une réponse dans le vin et le sens du mouvement
comme une légende américaine
tu sais,
mourir
comme une légende américaine.
BORDEL POÉTIQUE
N’importe quoi pourrait en sortir, de ces violons
Nos âmes sont têtues,
Féroces, ouvertes, changeantes, graves,
Oubliées, solidaires
Promenées dans tous les coins, montrées à toutes les gueules béantes
Rues liquides, chemins escarpés vers le sanglot de l’aube,
L’enfer visuel, on l’a tous dans le ventre
Nos comptes sont visibles sur les murs
Sans mémoire et sans bonheur, sans attente
C’est une danse violine
C’est une reprise, on ne l’attendait plus
De plus belle, elle repart
Venez, prenez mes mains
On relève la tête, on s’en fout
On n’est plus triste
On n’est plus malade
On n’a plus rien à cacher
Ils chantent pour nous
Rêvez-en, on a un bordel à décorer
Volez-le !
On se promène sans limites
Construits pour respirer
Et dans le tumulte de nos jeunes fronts lourds
Avoir de la place dans les yeux pour de nouveaux mondes
Et peut-être atteindre l’autre côté
Le flow, le bon beat, le riff, it et n’importe quoi !
C’est effrayant, beau, léger, furtif, cosmique
C’est une intuition
Des écritures simples
Insaisissables
D’autres blessures, une même question
Toujours au-dessus de nos crânes sur un film transparent
Venez, on va se poser dans l’herbe
On se pose quand on a compris
La logique des silhouettes
Pas besoin de mourir ou de savoir
La route du monde est reprise
Plus que le monde lui-même
Et tout se terminera, ouais, tout se terminera.
LE GRAND SPECTACLE
Ce n’est pas fini
Regardez même si vos yeux se contractent par refus
même si vos yeux sont secoués par les spasmes rapides de l’épuisement
le Grand Spectacle ne montrera pas de cycle
le Grand Spectacle ne se montrera pas fini,
Rien sous nos pieds ou dans nos poumons, nos entrailles, les portes aiguillées de notre sang,
nos battements d’oxygène,
le siège puissant de nos paroles, de nos calculs et de notre humanité
rien
n’est incapable de franchir les murs
rien n’est incapable de faire la route sans nous
et rien
n’est fait pour se retourner, défaire ce qui a été fait
vous ne reboucherez pas les galeries
vous n’attraperez pas le dragon
vous n’aurez pas le tout dernier mot
et la mort n’en finira pas
et on ne sera jamais les mêmes
et on n’a qu’à avancer, on n’a plus qu’à perdre l’espoir d’aboutir ,
l’espoir d’atteindre rien
aussi simple qu’une course, le feu dans le corps, pour scander chaque instant d’un souffle épuisé.
EMPREINTES
Les jeunes filles aux cheveux courts sentent la révolte dans l’air
Les noirs portent la joie sur leurs belles dents de nacre
Il y a encore des instants de paix
Une musique mouvante vous coupe du monde
Et vous passez les interstices
Le tracé de votre route se délie
Il paraît soudain plus calme
C’est seul et détruit qu’on renaît sourd et sans armes
Roi de la foule, grand juge animal
Les gens silencieux communiquent
Un géant sourit en vous tendant la main
Tristesse systématique
Par-delà le chemin il y a un foyer lumineux
Fredonnant tout bas sous la terre, dans la nuit et la sueur
Qui s’ouvrent en un nénuphar vibrant
Fruit de la rencontre
Des fous et des sages
Travaillé dans l’ombre, un être irréel qui attend
Les fous et les sages.
COMMENT EST MORTE LA VILLE ORGANIQUE
Il y avait un faible écho des crieurs mystiques dans les allées pourpres
Sous la neutralité bienfaisante des honnêtes gens
Aucun attroupement, aucune conversation,
Pas une écorchure dans les tissus rugissants
Et on traversait la membrane claquante, qui gronde, affairée
Fourmillante
L’ambiance pacifiée de notre atmosphère blanche
On se promenait entre les places
Par les artères sous l’aigu soleil pénétrant
Rien n’existe trop fort, non
Moi je lui tenais la main
Et elle riait de rien sur mon épaule
On ne regardait pas l’inéluctable dans les yeux, on avait su accorder nos silences
Et la fumée blanche hors de nos bouches
Qui pouvait bien, cette fois
Oublier la mort
Et là où la route nous avait menés
Dans cet endroit suave qui soupire et s’endort
Le temps a passé et j’ai toujours attendu une seconde danse
Posant des cloisons,
Mes yeux, et les oiseaux sanglants que je garde
Pour les lui dire plus tard, quand je saurai quels mots y mettre
Quelles inquiétudes naturelles
Quelle idée pour nos cœurs et quel tremblement
Mais en attendant, je marche
Et je ne lui dis surtout rien
Il ne faudrait pas qu’elle se fâche
Elle est si belle quand elle rit
Et dans l’œil cyclonique de ses peines et de ses manques
Elle l’oublie souvent
Je mourrais de la laisser partir
Hors d’elle on meurt
Car ma nature, peu à peu, devient hostile
Grouillement d’humus et de larves venimeuses
Et je peux bien prier ou remuer la terre
Trop poète pour être heureux
Trop gentil pour être poète
Je la garde avec moi
Car j’ai compris, quand je l’ai regardée la première fois
Que jamais
Sans que ma langue ne saigne
Je ne pourrai cracher sur son pauvre visage
Alors je chante, languissant, dans ma tête
Modifié par la faible aura qui s’imprime en moi
Tout cet amour blessé qui me hante lorsque je marche au fin fond de ses rêves.
MYTHES DANS LA BOUCHE
Furieuse et assise
Il y a une grotte brune et fourmillante au milieu du désert
Une poussière infinie
Elle repose
Elle murmure
Inconsciente de sa force
Fluide dévastation
par siècles et par siècles
insoumise définitive
sournoise
impressionnante
Femme parfaite
sèche
insaisissable
A l’abri dans la roche
L’homme sale
Plié sur le sol par ses larmes
Sans un arbre
Et le soleil pénètre, divisé
Par l’entrée glaireuse de rosée, de poussière et de toiles
Pour se laisser mordre
Bizarre complicité du frémissement
Il a installé une baignoire
Et il verse de l’or
More naked than naked
Il plonge dans l’eau évidente et sombre
Pour le dernier lavage automatique
sans espoir
sans regret.
LA REINE GITANE
Il pleut des larmes rayonnantes sous les lèvres du brouillard
Sale, arnaqué d’amour et d’argent maigres
Perdue dès l’aube par épuisement,
Trahie, vide, égarée
La reine gitane pleurera cette nuit
Les dieux ont déserté les villes, les routes
Je sais que c’est de ma faute
Les douleurs nous étouffent ou on se perd en elles
Blessé, je crache sur les lèvres qui me sauvent
Comme le froid délaissé quand il souffle mes rêves
Un petit garçon cherche les fantômes de la ville immense
Il veut de rentrer chez lui et il a peur de la nuit venteuse
Et il a peur de demander pardon et il a peur
Que personne ne puisse l’aider
La nuit de l’homme est solitaire et se retient de pleurer
Moi j’avance à la poursuite de mes morceaux perdus
Le mantra d’une guérisseuse
Elle se mutile, j’entends sa voix
J’ai déchiré la joie, l’espoir et les couleurs
J’ai insufflé la colère, la haine, le froid
Ne t’enfuis pas
Serre-moi cette fois-ci
Arrête de courir
Mon étreinte peut t’abreuver de lumière
Ma tendresse te montre le chemin
Regarde
Ils attendent tous que tu te relèves
Tu comprendras en embrassant la vaste plaine
J’ai violé ton âme
Regarde
C’est ton visage dans le miroir, il vieillit
Comme ton corps intouchable
Comme le souvenir que j’ai de toi
Ta vie est ruinée, à l’avance
Le fil des mots te fait mal, perce ton propre sang
Marche et crève seul
Tu peux être délivré
Le lynx se régénère, c’est sa revanche
Montre ton corps nu
Ta plainte est vaguement entendue
Danse avec moi
Dégrafe l’appel montant de la soif orange
Nourriture
Le sein miel véritable du sens
As-tu déjà senti une chaleur dans ta vie ?
Faisons l’amour
Chaque fois que je regarde mon âme elle reste transparente
Je ris des dégâts que j’y découvre
Entre les cris et les parasites, les nerfs et la salive
Tu n’as aucune idée des cruautés que je couve
Tu n’as plus rien à chasser
Couche-toi et pleure
Je te délivre
Je te sens à nouveau
Sauve-toi loin du vide
Il dort
Il ne te regarde plus
Danse ancienne et primordiale
Risque nouveau
Musique air de la main invisible
Sur le cœur
Dans ta bouche
Je te rends les organes que je t’ai pris
Tu peux sortir de tes entrailles séchées
Coléoptère poète
Brutal
Reviens-moi et vole, luciole dans mes dernières nuits.
ALIBI
Le soleil me gardait d’un cauchemar infiltré dans le sang
On me lance au réveil, en pleine périph’ de Bruxelles, « viens, je t’arrache »
Comme des mots gardés en mémoire, en guise d’alibi
Je me tourne, seul sur mon lit j’ai l’impression que tout le monde me regarde
Des têtes de clown surplombent mon rire nerveux d’ange endormi
Je transpire, je fuis tous mes rêves
Un constat d’abandon
Un autre jour s’achève
Un skate park abrite notre weed et nos soupirs, ça tourne dans tous les sens et je vois des pauvres êtres risquer leur peau, la seule qui reste
La détresse d’une femme lascive dans les herbes sèches
Remuez-moi la tête
Le soleil rend les parois rouges et le désespoir plus vivant, les regards se jettent au loin sans observer cette vie qui est ma belle pute et mon sang
Un jeune chien noir s’éveille,
On s’arrache, on ne se dresse pas nous-mêmes
Longeant les murs de tags, fresques pathétiques et violentes
Nos coeurs branlants se gonflent et chantent
Les refuges ont brûlé, il n’y aura pas d’autres voix
Mis en examen pour blessures involontaires
Je n’oublierai rien
Je n’ai pas changé mais je m’égare
On voudrait tout protéger de ceux qu’on aime
Et s’en protéger nous-mêmes
Et je transforme mes larmes en rage universelle,
Car c’est dans le calme qu’on se brûle les deux ailes
La ville nous aura déjà absorbés,
Passé le mythe et la face B, les premières fumées
On capte qu’on est que dalle, le visage et le nom de l’inconnu dont on se fout
Des conflits d’intérêts désorganisés
Le revers d’une anarchie en sous-couche
Saccadé, je m’avance et je n’y crois pas
Mon âme, ma place, ma belle, mes fuites et mes douleurs, que dalle de solide dans l’air du temps, ultime rayon du crépuscule, évanoui dans la crasse je suis tombé du soleil, volatile
j’abandonne.
HELP WANTED
Les mille portes s’éteignent
Certains visages s’arrêtent
Feuilles rigides et trop lourdes
La zone est sinistrée
Je cherche à me freiner dans ma fuite
Les mains en avant comme des insectes perturbés
Combler les brèches d’une petite éternité adhésive
Enfants raides, les singes de la drogue
Leur cœur se noue et se vide
Les fleurs usées grésillent dans les rues de l’Europe
Un piano froid tire les cordes
Opéré de l’intérieur, mystique rouillée
Architecte du vide et de la lucidité
Je me rétracte, je coule, je détonne
76 battements par minute
Dans les lignes d’un décor trop parfait
Un abcès sonore, inerte
Je suis encore en vie
La voix nocive des poètes vivants s’infiltre sous les portes
Il n’y a plus de place
Les dispensateurs de mémoire son fatigués
Ils veulent un feu sans trace et remuant
La perdition des femmes
Les hommes sans enfant
Scrutée par un traître, la terre s’étourdit
Et les douleurs nettoyées
Sont les douleurs d’un instant
Sillons dans la cendre fraîche,
Sans racines et sans lendemain
Les bêtes en cage trébuchent
Le cirque rouvre ses portes
On entend les notes d’ivoire sur les docks noirs rongés par le sel
L’avenue respire et souffle, gorgée d’égarements angéliques
Il ne fera plus jour
Quand j’appelle le truqueur sourd des âmes il est toujours parti.
LES SONS DE LA VILLE
Toi aussi tu l’as senti,
L’éclatement du verre
L’araignée mange sa toile
Les miroirs brisés
Brèches dans les murs
Une présence
Un cri déraciné et de fertiles murmures
La vraie beauté
C’est le mouvement froid et provocant d’une lumière contaminée
Révèle l’autre chanson, inonde tes nuits
Tes nouvelles nuits sous le sol
Nouvelles ancres inutiles et fuselées
L’interrogatoire du flux créateur dans la fumée
Tu l’attends
Un baiser frais et déchaîné
Une vision qui rase les grillages derrière le bâtiment
Voilà la manière que j’ai de te voir
Voilà la danse nue dans la crasse et le feu et la brutalité
Le déséquilibre nous guette
Hasard suffocant
Un oiseau est pris au piège dans les engrenages
Au diapason
j’ai un parasite dans les tripes
les bouffées de cigarettes caressent le plafond
dans l’obscurité surnaturelle de la dernière chambre
j’ai peur
c’est un jeu auquel on ne perd jamais
alors, laisse-moi te guider
laisse-moi
jusqu’au bout des sécheresses nocturnes
grises lumières de la fuite des villes
l’impatience ronge le visage des clochards feutrés
dans les ruelles pourpres et fines
ils frappent une musique d’ordures et de fer
ils subliment les parasites de leur voix
ils annoncent la trame, des terreurs aveugles
les mots trébuchent dans un cloisonnement fragile
un instant qu’on guette
funambules ou pendus
au sol
quelques cris pour les sons de la ville
quelques sueurs roses
des baisers froids et des promesses de perdant
la peur est domptée
on serre la main du temps
l’amour
quelques prières, les sons de la ville.
LES YEUX DU REPTILE
Minuscules, minuscules
Rapides et faibles, temporaires
Et irrégulières,
En chansons maniaques et nasillardes
Les impulsions du grand poumon reprennent à nouveau
Gigantesque,
Une mer de jade fumante et dégradée sur le flanc du long ciel mince
Se déploie avec l’arôme de cylindres venimeux
Fascinantes profondeurs de poignets suicidés
En repos au-dessus du séjour des dieux
Désaltéré, le vent souffle partout
L’énorme cendrier qui ressemble à l’enfer nous sert de décor
L’ancien tissage des destinées
Pages solides, titres écoeurés, réalisations
Les frayeurs
Enterrements symboliques dans le brouillard boueux
Rages départagées
Choc général
La délicate et humide fente froide de la rue
Chope-la
Chope-la
CHOPE-LA !
SUR LES AIGUILLES
Ma belle
C’est un viol et ça n’a rien de gratuit
Grave, résonnante
Tu piges pas
Parfois il faut lâcher prise
L’avenir est une partouze évasive
La foule pulsionnelle court, hilare, criant,
criant –
Chope-moi
Insinue, conspire
Un désespoir ambigu,
Le double sens des larmes
Une plainte vers tous et toutes,
Tu n’as qu’a le faire, putain !
Eparpille-moi hors de toi et d’eux
A l’intérieur de nos phéromones, allons jouer –
Femelles humaines, chimie amoureuse
Vous avez l’air si belles
Qu’on se presse pour tout expliquer et ressentir au réveil
La dopamine
Pour comprendre qu’on ne survit à aucun moment
Sans une des passions de la grappe mauve
Parfum
Ejaculation
Clairières, fillettes méfiantes et amusées
Pour voir que l’autre côté du miroir n’est pas différent
Pour sentir la poésie de l’espèce
Pour rentrer à la maison
Les portes sont ouvertes
Le vent s’infiltre
Ramène-moi, maintenant j’ai le vertige.
SPORES
Les enfants incultes sont nus, apprivoisés
Ils rampent dans d’écrasantes pièces vides
Quadrupèdes du destin
Quatre murs verts d’isolation mentale,
L’anxiété vrombissante, futile
Ils s’engluent sur le sol
Vandales attrapés,
Ils attendent et ils saignent
La distance manque et l’air se comprime
Épais, visqueux, adhérant à la gorge-grotte de nicotine
Recherche grattante et excessive d’une mamelle dorée
Espoir dans les paroles furieuses
Frictions contre les parois fébriles
Et entre les fenêtres condamnées,
Le dos osseux d’une vieille faim
Ils aimèrent les mêmes filles
Jouèrent aux mêmes jeux et touchèrent les mêmes mains
Une voix maternelle et amoureuse, admirative
L’effrayante, tendre et baisable
Leurs paroles font sens, repoussent l’asphyxie
Un œuf de lumière se balance
Met à nu l’univers entier
Ils abattront les parois brutales, chaotiques murailles du néant lisse et fortuné
Ils sont l’incohérence et le mouvement
La dernière livraison
L’ouverture des portes
Un souffle de vent
Un sens nouveau et grave, léger à porter
Une régénération
Un infini soupir symbolique, plongeant
La féminine patience de la vie
Savourée de confiances et d’abandons, enfin, enfin.
DANS L’OBSCURITÉ
Dans une période étrange et trop calme en surface, trop stable et homogène pour durer, les regrets reprennent corps et se trouvent de nouvelles justifications, quand l’amour change et revient pour crever la poésie s’entrelace dans la mort et laisse une trace dans nos corps en fusion
– Promenades du dimanche inutilisé, figurants désaxés dans les rues sécurisantes, débordements infantiles dans d’autres manifestations de gens tranquilles, transmission insensées, entre promotion banale de vie surestimée et plus-value honteuse des marchandises sentimentales –
On s’est bien amusé dans les profondeurs obscures et oublieuses des rêves, mais il n’y a que l’insomnie qui dure, le réveil est inéluctable ; c’est dire si on crève, on connaît le goût des fumées qu’on attrape, nos espoirs nous usent et le reste est une fable
Mais il y a cette impression qui vient, quand je ferme les yeux sur un son de musique électronique – cette sensation délicieuse tout fonctionne en automatique, mes buts sont à portée de main, la vie prendra un sens demain, aucune faute de frappe, un coup d’œil en check, le cliquetis des affluences, je remonte la pente et je m’éclate, je crois que plus rien ne m’échappe
Et certains jeunes percés par l’émotion ne croient plus rien, ils s’éloignent de leur corps en hurlant sans vouloir écouter, il sont peut-être allés trop loin, ils froncent tout à coup le sourcil et leur regard se perd bien au-delà de la ville, dans les signes de confiances et les vieilles certitudes, la question s’élude, –
Quand la musique devient une vision elle nous montre les images terribles de la folie normale, les peurs auxquelles on ne donne pas de nom, les racines de la solitude et la force du génie animal, l’état latent ou désarmé, la sueur sur le front, le voyageur égaré, les femmes de votre vie, ces têtes émues et fatiguées, une autre impression, le réconfort et l’ennui, les scissions, les efforts, l’oubli, le soupir sur l’épaule, la colère de la nuit
Alors je tombe à genoux, je relève la tête en arrière, je ferme les yeux et j’ai la vision pure de mon âme, de brefs rayons de lumière irréelle qui écorchent mes paupières et percutent la membrane, une galaxie perturbée, pleine de larmes, qui m’ordonne d’exister.
INSTANT 402
J’ai vu des gestes imprévus et difficiles à comprendre
des nuits écourtées par une ombre aux yeux jaunes
J’ai vu des êtres sublimes et perdus s’asseoir
face aux murs éteints sans réponse
Je les ai vus jouer à cache-cache avec la mort en espérant qu’elle gagne la partie
Je les ai vus devenir les combats solitaires
du poète en coma sur des lotus de 1983
J’ai vu des réunions incontrôlées
J’ai vu voler les murmures qu’on ne peut pas éteindre
Je nous ai vus payer l’Eternité pour coucher avec elle
Une petite marque triste
sur un lieu de passage.
CUTS, OUTTAKES & SHIT
Tous les jours je songe à baiser la ville sans baiser les gens qui y vivent, à une mort facile qui vienne comme des fourmis plaintives, je suis un monstre, dresseur de fauves, je m’éclate à montrer mes névroses, je manque d’air pour tomber amoureux il y a des fièvres qui me rendent trop anxieux, c’est sans consistance et j’en suis conscient, mais je suis bloqué au premier cercle, un gosse infernal me rattrape et joue avec mes besoins de sexe, disons que la ville entière panique, on a tous été modelés par les mêmes mains mais des idées de génie pour rendre ma vie merdique, j’en ai toujours eu et ça changera pas demain, mon âme est trop louche, je me sens chaque jour vieillir pour rien , si je meurs en marchant tout ira bien, je trouverai une sortie, si j’attends encore je serai peut-être plus serein ou je bousillerai ma vie ; patience
Je me sens accusé en permanence et ma vie est un procès, ça me vient de l’enfance et je trouve ça surfait, des instabilités vides de sens qu’on m’a fait boire comme du lait, je suis une lumière sous la porte, j’ai oublié comment on sort d’ici, on m’a fait croire que j’étais dieu je pense on m’a menti, je sais pas ce que je veux, je suis une toupie, dans ma tête tout se mélange rien n’est jamais précis, de toutes façons j’ai jamais cru aux anges, les gens sont des fourmis, putain qu’ils sont étranges, quand ils se réfugient…
Je crois que chaque personne renferme un parasite, qui peut changer la donne et provoquer la fuite, si tout éclate et se déchire, broyé par les pattes dans un grand rire, c’est peut-être la meilleure chose qu’on fait, la vie est triste mais elle est dense je sais, mais si avec des « mais » tout coexiste, alors qu’on me dise ce qu’on fait, moi je m’abrite, je me paume dans mes errances, dans mes vertiges le poids de l’existence me mange, je change et il faudra bien qu’un jour je puisse laisser une trace, témoin de mon passage, quelque chose qui s’efface seulement dans la conscience des sages, les mouvements débiles et révoltés de la jeunesse se poursuivent tranquilles sous la buée et la détresse, toujours plus loin toujours plus haut, toujours plus trash le cœur des animaux, humains nés trop tard ou bien trop tôt, populations naïves et tristes, la fuite est agressive et la fin défaitiste, à cause de qui à cause de quoi on a pas osé demander notre reste et maintenant on empeste la folie,
mais on se sent moins seul à fumer de la merde sous la pluie de nos tristes vies
–
La route défilait vite, si vite qu’elle devenait serpent, bête, animal féroce, chimère, monstre mythique, illusion ; et on s’enfonçait dans la nuit en perdant avec peine la lourde fureur de l’existence.
LIGNES DE NUIT
C’est une nuit distraite d’images
Les chats pissent des frontières d’hommes
La terre cache son visage
Il y a des mouvements sombres arrêtés au sommet de leur souffle
Vieilles cigarettes améliorées
Entre les replis, les choses perdent la moitié de leur face
Tout s’allume en coin et s’échappe
La conscience centrale, des milliers de fantasmes en stickers phosphorescents
Qui se gonflent tous les jours
Sous une lune oubliée
Les étoiles bougent dans le ciel, lentement
Les chemins se séparent toujours
On se repose dans les villages irréels
Personne ne reprendra plus confiance en nous
On s’empare des cris des victimes pop, du survivant, des violons clochards dans les souterrains des gares, des types douteux à la figure géniale
Et eux seuls semblent savoir
La pauvreté des hautes tours desquelles on croit tout avoir déjà contemplé
La faim ne s’endort pas avec l’affamé
La douleur s’efface à prix comptant
Et il reste des zonards pacifiés pour attendre le rouge d’or et le bleu pâle d’un coucher de soleil derrière un grillage solide, au-dessus d’une voie ferrée brunâtre qui coule, qui coule toujours.
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B.H.
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18:25
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mardi 26 mai 2009
Pour la machine
Voilà, je me suis enfin décidé à déposer le petit dernier sur mon blog.
Publier chaque texte individuellement m'aurait pris trop de temps, vous avez donc le recueil d'une seule pièce et dans l'ordre, avec une tentative de mise en "pages" (qui sera peut-être améliorée ultérieurement).
Une dernière chose : à cause du format blog, certains vers seront peut-être coupés en deux, mais je ne peux pas faire autrement. Ironiquement, on nous cale dans des modèles pré-définis.
Bonne lecture.
Publié par
B.H.
à
20:16
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Libellés : La machine quotidienne
dimanche 19 avril 2009
La machine quotidienne
Il y a de l’inaccompli
De l’inaccessible
Mes identités
La serrure se bloque
Tout m’est égal
Clic je craque
C’est ouvert
Bienvenue !
_________________
CARROUSEL
De retour au carrousel
Cycle
Par terre
Amuseur rom
J’ai toujours quelque trouble inutile
Et il grince
Je ne regarde pas son axe
Mais il grince
Les petites trognes blanches
Rires
Enfant pour les autres
Poids de tous les seins gaufrés
Poids de toutes les barbes à
Pomme
Tamponne
La fête sur un parking
Barrières Nadar
Je n’aime pas qu’on me prenne par la main
Hors de question de payer
Visez juste
Faufilez vous
Le labyrinthe de glaces
Jouez
Venez vous faire prédire l’avenir
« Ha ha ha »
Plate-forme tournante
Vertige
Toujours en un sens
Illusions au galop
Chevaux immobiles
Le spectacle clignotant et chromatique de l’existence
La peinture des yeux s’effrite
Ils ont la gueule ouverte
Leur gueule mécanique est ouverte
Les chevaux ont peur
Ils sont pétrifiés.
_________________
FIRST AID
Le temps se perd à vitesse d’insecte
A la longue
On s’oublie
Les balançoires du pays d’or
La rosée sur les cheveux
Les regards que tu poses
Sur ce qui ne te regarde pas
Prisons
Angoisses
Et les couleurs de tes rêves
Ce qu’on projette
La Machinerie
Si tu ne l’oublies pas
Les heures seront de larges salles d’attentes
A la longue
Ma vie
Chose lourde à porter.
_________________
DANS LES COULEURS DE MES YEUX
Le monde s’est ouvert dans les couleurs de mes yeux
Les cadrans s’affolent
Les voyants sont rouges
Qu’est-ce que le ciel fait dans le ciel ?
Prenons les commandes
Le réel n’est qu’un domaine parmi d’autres
Pourquoi
Si le sol était un jeu on se redresserait
Pour la survie des pères de famille ont étranglé des adolescentes
L’amoureuse au tout dernier instant
A ce visage estomaqué
Une chrysalide après la guerre
Au secours
Qu’apprend-on aux leçons de physique
On ne peut pas voler
Mais on dépend quand même de l’air
Et ensuite, l’adaptation
Le pouce est une chance formidable
Il branle même le crâne
Un autre cours d’anatomie
Moi je suis un papillon
Juste l’ouverture
Ni l’envie
Ni rien du tout
Alors courage.
_________________
DISPARATES
Il faut croire qu’on n’est pas grand-chose d’unifié
Des époques qui se rebouchent les unes les autres
Et s’entassent dans la tête
Sur les crevasses
Dans les sutures ou les bris de verre
L’impression d’enfance d’un enfant inconnu
Qui aujourd’hui nous regarde
Sur la table rase depuis la pure perception
Quand le corps fait mourir l’âme
Quand il en cherche une autre
Dans les interstices des choix possibles
Et qu’il n’y a qu’un silence de vie humaine
L’impermanence
Danse avec elle
Et l’avenir prend un air de rose des vents.
_________________
HOTLINE
Oui
Il me relie
Et moi je l’insulte
J’ai perdu son adresse
L’interlocuteur qui reste
Ne me tourne pas le dos
Nous nous rencontrerons encore
Qui pourra s’y débattre
Et toi et moi et moi
Toujours moi.
_________________
PRE-TEST
A trop vivre dans l’attente
Le cinéma est muet
Et c’est facile quand on ne voit personne
Pour retendre la toile et recréer les images
Venez donc vous jeter
Sur mon corps
A travers ma tête
A votre guise
Entre mes souvenirs pantomimes
Et sur mes peurs maquillées
Tout est permis
Que je sache
Si je considère le reste comme décor
Ca flicke flicke diffuse
Asseyez-vous
Identification tu tombes
Rideau baissé tu te relèves
Il y a un public pour tout
Pas la peine de chercher un siège
Il y a toujours très peu d’éclairage
Juste un halo rouge
Projecteur parental
Du pseudo social
A 24 images/secondes
Je suis sur pellicule
L’imagination provoque des interférences
Veuillez couper
Votre positivité
ENTRACTE
Changement de bobine
Pauvre marionnette tes jambes sont imaginaires
Les roses se jettent en ton absence
Ne demande pas
Qui Cyrano
Qui Pierrot le fou
Les acteurs existent une heure ou deux
Mais ce n’est pas grave
On ne joue plus
Toute la salle n’a pas payé.
_________________
REPORT
Les tests n’ont pas réussi à le déterminer
Propriété inconnue des choses naturelles
Ou plus probablement
Dans la physiologie humaine
Après expertise
Hors des muscles et dans la danse des yeux
Reste l’inexplicable
Que par commodité j’appellerai âme
Si j’en crois les mesures prises
(Après tranquillisation)
Nous décelons
Une activité intense et chaotique
Dont les variables n’ont pas encore pu être décryptées
Il y a des interactions
Beauté angoisse désespoir euphorie
Et il semble que cela soit vivant
A tout le moins, il est clair
Que « ça » a une forme de conscience
La résonance se brouille, mais
Il est certain que ça se compose
D’une forme de bouche tantôt
Trompe
Un milliard de mains
Des colonies d’yeux
Ramifications nerveuses et peut-être une carapace
Opaque
Et si c’est capable de crier, nul doute que le son produit pourrait détruire une ville entière
Est-ce que ça voit son reflet ou est-ce que ça ne comprend pas
Impossible à dire
En tout cas, pour l’instant
Il est conseillé à la population de rester chez soi
D’éviter toute action inconsidérée
Et de contacter les services compétents en cas d’incohérence
Nous mettons tout en œuvre pour contrôler le phénomène
Que Dieu nous garde.
_________________
QU’ON NE S’Y TROMPE PAS
Vous croyez les narcotiques
Vous pensez
Que si ma bouche se laisse chloroformer
Mes gestes, eux, se tairont
Voyons
Je suis plein de colère
De contradictions
Lucide
Dans le vide
Je ne lâcherai rien
Ni les câbles
Ni les gorges
Et des parois lisses
Il faut des gens nouveaux
Une foule
Pour se sentir confus
Des seins
Pour croire aux verrous
Toujours au bordel du doute
Le prix est une dette
Le sexe
Les noms inopportuns
Kilogramme
Mandragore
La nuque ne tremble même plus d’attendre
A ce qu’on dit
Rien n’était plus simple que la ligne
Des deux côtes du Caucase
Téléphonée
Et je ne retrouve plus le chemin de l’abondance
Rien n’est plus simple
Quelle angoisse
Quel bled
Solitaire
L’éléphant se cache.
_________________
JE RAME
Qui me fait la grimace
La main prise dans la rame
Subway
Pauvre fille tu étais le mystère
Maintenant ton visage horrifié
Un vitrage
Et il faut courir
Courir sur le quai
Animal machine
Mais si les chevilles ne lâchent pas
Le mur se chargera bien de disloquer
Yellow scotch
La surface divise
La peau ressent
Elle exprime ce qui se joue dans le réseau
Entre les côtes et les lèvres
Le typewriter tape
Le vérificateur check
Et il danse et il crie
Et il pleure et il tape, automatiquement
Sur toutes les plaies de la terre.
_________________
AUX AMNESIQUES
Peut-être que je cherche
Et que la nuit se repeuple
C’est sûr
Je doute
Comme le fil de soie
Comme l’antique jarre de terre
Tu me verras fragile
Amusant jouet des sources
Etranger
Il y a des jours sans lumière
Il y a les chemins en espoir
Il y a des traces partout
Reste qu’aujourd’hui,
Je me promène
Dans tous les endroits
Qui n’ont ni routes ni sens
Ni début ni fin
Le tisserand de l’univers était un orfèvre
Et je m’assois sur une pierre flottante
Entre les mondes
Entre le cheval de Troie et toi
J’entre
Dans une absence d’absence
Que mon amour sincère, véritable
Soit aussi comme moi
Ce qu’il a appris à être
Surtout pas un mur.
_________________
V³Cu
Produit d’une histoire comme H²O dans l’eau
Code barre et clone
Courroie grinçante
Je vis halluciné
Les couleurs font défaut
Rien ne sera nouveau
Mais ça tourne encore
Comme
L’efficace impressionne
Psychosomatise
Au présent
Le temps existe
Génétique
Dans les viandes
Mécanique partout
Quand je baise
Et quand je meurs
Urbain
« Vous êtes un calcul cataclysmique »
L’idée ôte tout mouvement
Quand parfois, avec un effort
Une maigre sensation revient
On force
On frappe
Il y a des problèmes de source magnétique
Annonce-t-on
Mais sans qu’on s’en rende compte
Peuplés de végétaux
Les engrenages ne disaient rien.
_________________
GMT+20
Toi, terre qui est un œil si large
Par la résine et les premières médecines
Dionysos et son diagnostic, ensemble m’ont tout dit
C’est une tumeur
Dans ta chair
Au détriment d’elle-même
Qui est le méridien de ma gorge
Cancer
Capricorne
Les tropiques du difforme
Chimère
Cellules d’ongle
De rien
De cheveu
De cœur
Mais tu ne traceras pas cette ligne
Comme la nuit sur le jour
Comme à chaque fois
Je t’en remets
Entre les mains de l’artisan des corps
Le marqueur rouge pointille toute peau.
_________________
DE MOTS SANS MOTS
Sans plus de paroles
Comme les dragons toxicomanes
J’ai du silence comme message
Le blizzard
Et l’animal sans tête
Dans ma bouche
Cette voix n’est pas la mienne
Un petit son paralysé
Impossible
Palais de mille miroirs
« Une autorité de contrôle indépendante »
Je me trompe
Les reflets jouent à cache-cache
Ils passent et tournent et leurs rires sont des fissures
Lézards sur les murs
Les gens pleurent
Comment défaire
Ma peur panthère
Les omoplates en rythme
Tu danses carnivore
L’idée a ses attraits
Tu mangeras peut-être tout
Et je ne dirai rien.
_________________
5CM DE GUERRE
J’imaginais les silver stars
Le silence caractéristique de l’intérieur
Dans une boîte plastique
Les soldats articulés
Copyright
Les gourdes en fer
Et les clicks militaires
Tout arrive par surprise
Et on peut toujours crier
Assez !
Par les vents surnaturels
Bombe H comme mon nom
J’annihile.
Plus d’odeur de poudre
Plus de marche forcée
Mais officiellement
« La situation est sous contrôle »
Avec peu de phrases
Dans les silences prévus
De la morphine pour seule croyance
Avancée masturbatoire
Sous une musique de fin du monde
Les fenêtres ont disparu
Arrivage de playboy pour le moral des troupes
Il n’y a plus rien d’autre.
_________________
UN PEU AU HASARD
Si je ne me relève pas
Le corps débusqué
Sur le ventre
Côté face
Et pile dans l’ombre
Toutes les pièces tournent en l’air
Ne m’appelez pas.
_________________
SUR LE POINT
Dans l’étendue des campagnes ou bien est-ce une ville arbitraire
J’avance à petits pas
Sous les confettis de pollens et de pluie
Comme un carnaval aléatoire
Je ne sais pas où je vais
J’ai perdu ma compagnie
A un croisement, pas loin
On s’est séparés
Toutes les mains que je tenais ne me tiennent plus
Les paumes vides forment des lignes
Pour serrer le poing
Ai-je pris la bonne direction
Tout se ressemble
Je ne porte rien sur le dos
Mais des traits de lumière zigzaguent derrière mon front
Cette peur
C’est celle du foyer qui se cache
Et pour me rassurer
Je te cherche
Je regarde derrière moi
Je me tourne vers toi, je t’appelle
Déconstruction
Tout ça n’aide pas à avancer
Ca ne sert peut-être à rien
Mais quand même
Quand même
Personne ne peut suivre le fil de la solitude et du hasard
Sans arrêt
Le vertige joue en bordure
A côté de la chute
Tu sais ce qu’on dit des territoires de la sérénité
Plein de poussière
Plein d’odeur de poussière
Pose-la sur mon visage
Comme les chaînes invisibles des dieux,
Voir, c’est avoir déjà vécu.
_________________
ON EN TROUVE DEHORS
Et qu’on nous regarde
Et qu’on s’allonge
Et qu’on s’en foute
Ceux qui s’illusionnent
Patience
Je sors
J’ai vu d’autres images
Et, d’une manière étrange
J’aime assez.
_________________
QUIDAM
Hier matin
Quidam était réuni
Par curiosité
Je l’ai suivi dans la rue
Son manteau respirait
Comme un gérontophile
Duffel coat beige
Et il fume le même tabac
Un asile pour tout ce qui n’est pas moi
Hier matin semblait semblable
Tout ça se voit
Quidam s’engage
Par déduction
Dans les peurs futures
A travers la buée hors de ses lèvres
Ce qui est une preuve de vie
Mais même
Sur ses lunettes qui en voient long
Sur mon existence
Quidam se renferme
Par ailleurs
Ses gants en cuirs déteignent
Rien ne le concerne
Ma vie est plurielle
Comme sa marche est lente
Il a tourné au coin
Il ne remarque plus grand-chose
Quidam imperméable
Par hasard
Pourquoi je suis là
Le travail se termine
Croyances inutiles
Peut-être qu’on déambule
Rien n’y fait
Il est allé
Il est allé où déjà
_________________
LA PLACE DU MORT
J’étais en coma
Dans l’obscurité mate de ma chambre
Asphyxié
Et l’après-midi
Le rideau filtrait habilement la lumière
Dans mon état amorti
Fœtus en slip
Comme une pute mystérieuse à l’intérieur
J’ai entendu une voiture
Alors
J’ai été transporté de mon lit jusqu’à l’habitacle
Weed
CO²
J’ai senti
Hors d’usage
L’air froid et cloisonné de l’hiver
Carcasse
Et à l’intérieur même du métal
Mes côtes saillantes
Odeurs d’essence
La cylindrique toussait
Comme un fumeur déprimé
Le rétroviseur de travers
Des traces de sueur sur les sièges
Puis il y a eu
Les tressautements
La vibration sourde des vitres
Spasmodique
Un cric
Haut-le-corps
La rouille crisse
On freine à la main
Et la catalepsie file
Pied au plancher.
_________________
VAS-TU BAISSER LA LUMIERE ?
Vas-tu donc baisser la lumière ?
Cet interrupteur à portée de ta main
Pourquoi ne le cherches-tu pas ?
Qu’y a-t-il qui t’effraie dans l’obscurité
Que te faut-il de plus que ma voix
Si tu cherches du sens
Si tu veux voir la beauté
Il faut rendre tes yeux
Te mettre debout
Lâcher ma main
Avoir confiance
Tes genoux sont stériles
De toutes les prières, tu te souviens ?
De tous les rêves
Si tu hésites, si tu prends peur
Souviens-toi
Le chemin de ma parole
Dans cette pièce que tu croyais connaître
Et où je t’ai fait découvrir toute la mythologie
De tous les temps
De toutes les bouches.
_________________
AZA POUR MOI
Parle-moi
Alors comme ça tu es modèle
Tons argentiques
Tu ne regardes jamais au-dessous de l’infini
Et de loin, c’est comme si on exposait un jeu d’échecs
Chevauché en elle
Ne bouge plus
Que j’ose violenter la beauté
Pour la tirer où elle est vraiment belle
Sur terre, parmi nous
Parmi moi
Dans les hommes
Dans les hommes qui vomissent, qui pissent
Fous végétatifs
Et ils pleurent pour les femmes
Elles qui pleurent pour rien
Qui pleurent pour le monde
Ce qui devient mon œuvre
Et les regards sont troubles
Comme 200Watts dans l’eau
Tout se résume à un tube
Sans altitude
Quand j’immortalise
N’hésite pas à comprendre
Rien n’est beau comme un visage flou.
_________________
ET A ECRIRE
Voilà l’image de l’homme que je professe
Que je souhaite
Il est faible
Il est sale
Plein de colère et de sperme
De sang
De nicotine
Mais il lève la tête
Il a l’audace d’être
Quand il pisse
Quand il mange
Ta bouche et ton corps sont un champ fertile
Et si c’était moi
Tôle et malaria
Et Kubrick
Pétrole et USA
Et Nobel
Dynamite Ratzinger
Et Gandhi
Ecolo
Roméo
Et justesse
Amour dopamine
Et le reste
Ne dis rien
Qu’il reste à faire.
_________________
LAPSUS
Absurde
Même la nuit dans les ruelles qu’on n’éclaire pas
Sauf du meilleur profil des villes
Mesure bien ce que tu as perdu
Autre chose que l’art
En mettant tout derrière les vitres et hors de moi.
_________________
COMME UN ROI
L’acte imparfait triomphe et joue
La répétition, les murs
Sur les cases de ma démarche
Schizophrénique
Entre tous les regrets
Dansant
En prenant
La peau rugueuse et la beauté du manque
Les situations mates
Je ne l’ai pas encore mis en échec
Mais si mon temps doit être un cycle, alors soit
Tour
!?
Jouons autre chose.
_________________
SCARLET
Tandis que mille joies servent des alcools sucrés
La sensualité prédatrice raconte
Sous sa coiffure à cent bâtons
Et son nez dédaigne la galerie en même temps qu’elle charme
Comme elle chassait la solitude
L’animatrice de tes soirées
Et sans connaître personne
Tu te promènes dans des salons privés
Quand tu donnes le bras à l’amour
(Starlette en robe on dirait)
Bavarde avec la soif de vivre
Et le rebondissement
Générique
On enregistre les rires
Applause, PLEASE
3, 2, 1
« Mesdames messieurs… »
Zap
« Bravo ! Vous repartez avec… »
Zap
« … tout ce que vous voudrez »
Mais au final,
Cathodiquement
On est en couverture
Pour quelques sourires et un flash.
Zap.
_________________
ANAGRAMME
J’ai rêvé le plus terriblement
Ce soir
J’étais sous haut de forme
Par une fin de quarantaine grandiloquente, je débordais dans un costume vert
Des bottillons blanc et noir et des dentelles absurdes
A toutes les manches
Une voûte métallique remplaçait le ciel
Au-dessus des rues nécrotiques
On entendait partout les hurleurs hurler
C’est la nuit du chapelier fou
Bonsoir vous
La ville était pleine comme un estomac de parricide
On se pressait partout dans la fumée, les porcs éventrés
Le visqueux que j’incarnais agissait à ma place
Je ne pouvais rien faire
Vizir, de révérence en révérence
Le plastron transpire
Siffle et siffle
Un mouchoir de poche
Il souriait
Dispersant
Montre tic tac d’or
Le peu qu’il reste de mon nom
Promenant toute ma fierté dans son miel bizarre
Bonsoir
Et je l’observais, impuissant
Parader main dans la main avec sa bourse
Concupiscant
Dans les rues les égouts
Parmi les rats
La rue des putes à queue de rat
Tout était ainsi, et personne ne m’entendait
Il n’y avait qu’à subir toute l’horreur du monde
C’est lorsqu’il a posé sa main rongée sur les cuisses blanches d’un jeune garçon
– Il avait le regard de la misère
Sa chemisette toute pleine de taches
La langue coupée
Et la figure profonde des violences
Pas un cri
Pas une larme
Et ça passe
Bonsoir, petit homme
C’est donc lorsqu’il a posé cette main
Qui fit les choses les plus atroces dans les ruelles orphelinats
– Et ça ne devait pas être la première fois
Que j’engloutis toutes les formes de honte et les répugnances
Et tout mon supplice
Et toute ma colère, tout mon dégoût
Toutes mes peines résonnaient à chaque pas qu’il faisait, vidé d’un peu de lui, le menton sur le crâne, sur le chemin du retour
Le soir même dans ce lieu souterrain et sans lumière,
Il mangeait à sa table
Avec les mêmes doigts
Je désespérais
Il n’y eut pas une seule de mes particules qui tendait vers autre chose que le meurtre
Alors par miracle, cet horrible corps à deux âmes changea de propriétaire
J’ai senti ma volonté remplir les veines, les organes
Et les muscles
Et peut-être qu’il y avait trois âmes
Alors par justice, j’ai griffé la figure
J’ai déchiré les vêtements
J’ai cogné les mains sur toutes les parois jusqu’à les réduire en petits morceaux d’os rouges
J’ai réussi à pleurer
Pris d’une crise de spasmes violente
Pleurant, me mordant la langue
A bout de forces
Je détruisais le monde
Quand tout fut brisé
Empreint de vomissures et de sang
J’ai regardé dans la glace
Et je me suis vu
Jeune, beau comme ma chemise blanche
Puissante plume du phénix
Père de tous les enfants
Et l’autre aussi pouvait voir
Et il avait très peur
Pas parce qu’il était à l’agonie, quelque par dans la boue de mon cœur
Mais de ce qu’il venait d’apprendre ce soir-là
Par-delà le rêve
Par-delà le soi
Les rêves sont délicieux
Les rêves sont vivants
Ils ne sentent rien de l’odeur de la mort
Et ce qu’il reste d’humain ne perd jamais
Bonsoir.
_________________
A VOL D’OISEAU
Quand la limite de minuit aura bien avalé ma gorge
Dans les coins
Enfin
Je serai à nouveau vide
Et alors seulement
Mes beaux yeux arriveront en ligne droite
Kaléidoscopes
Les bassins et les deltas finiront
Ni coloriage
Ni cascades
Ni trompe-l’œil
Rien de moins que mes traits.
_________________
7H58
Le jour se relève en s’appuyant sur ma poitrine
Harcèlement sexuel du bip réveil
La population de mon visage s’étire
Aurore,
Je reprends conscience
Le sang rappelle le silence
Autour
7h58, nous avons le même âge
Une pensée
Pour le temps où j’avais
L’improbable réalité
Les mains sur les yeux des berceuses
Des gâteaux confortables
Des bras pour mon cou minuscule
Chaque promesse réalisée
Tentative de stabilisation
ASSIS
Mise au point
Analyse
Aujourd’hui, j’ai laissé tout ça derrière
Dans l’interprété
Si loin que ça m’obsède
Je ne me retourne pas
7h58 heure d’impact
Une pensée
Dans le grand n’importe où
Je regarde encore
Les étendues en attente
Le degré zéro par devant
Surcharge
Je me lève
Je respire et c’est le vertige
Je devine que l’angoisse n’est pas seule
Ca ne lui pose aucun problème
Moi, 7h58
Ca me travaille
Moi je lui trouve un air
Suspendu dans l’air
Un enfant perdu est venu me trouver ce matin
Et il a les cheveux blancs
« Pourquoi tu m’as laissé derrière l’espace ? »
Une pensée
Ce que 7h58 saigne
Des retours en arrière
La pression surhumaine
Comme l’uppercut de 20 tonnes
Et les pieds voltigent au plafond
Et le crâne pivote
Et le cadran se dérègle
Sept et cinq et huit
« Perturbation » n’est qu’un mot
Le robinet bat la mesure
Une pensée
Si elle est liquide
Mon corps est fait d’ondes et d’écho
BOURDONNEMENT
Quand la distorsion prend par surprise
Debout comme face au premier soleil
Clignotements rétiniens et perte d’équilibre
Comme
Un croquis mobile
Il faut avancer son pied
Sur le sol élastique
Une pensée
Pour ne pas tomber en arrière
Comme le serpent mue vite
Par un pas
Il n’y a plus rien à perdre
Par étapes
7h59.
(Ne la laissons pas seule)
_________________
QUELQUE CHOSE FUSE
Donne
Tout qui résonne
Si on se parle à soi
Rattrapages
Revenez
Pour savoir et en rire
Montre
Tendez-moi la main
Parce que je suis seul
Crie
Et que personne
J’aimerais
Mais je suis bien conscient
Espère
Qui n’a pas d’avenir ?
_________________
PLATE-FORME
Puisqu’il faut que je raconte
J’étais sur la plate-forme
Près de là où vous m’avez trouvé
L’air ambiant tiédissait
Je ne savais pas à quoi elle avait pu servir
A cet endroit, il n’y a ni ressources
Ni industries
Je respirais très mal
Il y avait des tiges de métal apparentes
On avait dû stopper la construction
Ou bien le temps avait eu le temps de
Vous savez
Il y avait des herbes sèches
Une fleur inquiète s’extrayait d’une fissure
Les insectes eux-mêmes désertaient
Voilà où on arrive
Quand on ne regarde pas où on va
Pressée en tous sens
Par les soupirs de l’altitude
La plate-forme se trouvait tout au bord d’un précipice
Sur le point de rupture
L’écho qu’on a mis là n’a pas appris à parler
On ne voit pas le fond du fond
Mais parfois on refuse de voir
Je ne savais rien de ce qu’il y avait en bas
Je n’évaluais la distance
Qu’à la manière dont on s’imagine vieillir
C’est imprécis
On ne soupçonne rien
On ne pense pas revoir une larme
Je ne pensais pas vouloir sauter
Comment j’étais arrivé là
Par quels chemins idiots
Aucune idée
Se sentir vivre
Boire à la source des sources
Être ébloui
Tout m’était égal
Ma chair pourrissait
J’avais faim de tout
Je saignais
Sans m’en rendre compte
Mais le sang a fini par se répondre
Et quand on implose
Ca coule dans la fissure comme dans la bouche d’égout
J’ai alors compris que j’étais au sommet d’un désert
Désert parce que la vie est impossible
En un tel lieu
Et j’ai voulu m’enfuir
J’ai couru de toutes mes forces
Oubliant les limites
Oubliant le promontoire
M’oubliant moi-même
J’ai foncé vers le vide
Ma chute a duré des centaines d’heures
Puis ce fut une autre forme de vide
La suite, vous la connaissez.
_________________
J’AI OUBLIE DE VOUS DIRE
Ce qui chute
Ce qui vole
Ce n’est pas qu’une question d’ailes
La chute
Elle donne à voir la peur
Et autre chose que le vide
Ou bien la fleur fanera
Ou bien je la tiens dans ma main
Je pense à tout à la fois
Mille fois je pense à tout.
_________________
CAVE
La cave fait plein de cliquetis
Au milieu du stock de l’être
Et de l’humidité éducative
Les sorties de secours ramènent toutes au point de départ
Pourtant je suis entré
Ais-je jamais été dehors ?
Un junkie a dû couper la ligne de l’ascenseur
On ne doit pas descendre souvent
Il y a du courrier de 88
Urgent
Fragile
Je ne sais pas
Combien de temps
Je ne sais pas
S’il fait nuit ou jour ou si c’est déjà la fin du monde ou si je rêve
Si seulement j’avais une cigarette
Quel type d’entreprise est-ce ?
J’ai trouvé des préservatifs
Des morceaux de poupées
Des boîtes de conserve
Un calendrier
Des flacons périmés de lait maternel
Et un « Interdiction de stationner »
Les piliers sont de grands rectangles aux bords rongés
Tout ce que je fais produit un écho
Mes inspirations
Des mains qui serpentent
Entre les caisses
Un battement s’accélère
Et des choses souterraines
Je labyrinthe
Tout se replace
Et au-dessus j’entends des pas
Des couloirs
Restructuration
Des marches
Un type en bleu
« Mais monsieur, la porte était ouverte »
_________________
CHAQUE SECONDE
Qui se recouche
Qui a peur d’être irréel
Qui a peur de l’intuitif
Parce que tant de belles choses
Il faudrait codifier l’atypique
Quel cirque !
L’échappatoire, c’est l’autre.
_________________
HOLDING
Je ne te connais pas, mais
Il y a ton nom
Ce que j’ai à dire
De toi à moi
J’ai rencontré, comme on touche le roseau
Celui qui mange la tristesse
Et la brise le fait trembler
Tu sais
Certaines de ses nuits avaient été trop longues
Des mots sensibles
Il connaît une petite fille timide
Aujourd’hui
Pas un mot pour rien
Une empreinte pour toujours
Et il m’a parlé de toi
Des mains musicales et déliées
Une grande fatigue
La recherche absolue
Dylan te parle
Observateur du vide
Tu abrites tous les silences
Mais tu ne souris pas
Tu n’as pas l’impression d’avoir trouvé un refuge
Toujours incomplet
Tu attend un retour
Tu ne dis pas tout
Tu sais, à une époque
J’ai connu le goudron
J’ai senti le métal
Et mon esprit jouait un jeu cruel à chaque étage
Je m’évanouissais
Les pilules pour dormir
La haine dans chaque œil
L’ennui
J’ai tué tant de choses qui sont moi
Peut-être que plus jeunes
Nous aurions été amis
Deux âmes
Comme au jaillissement d’un fleuve
Même foudroyé
Tu as toujours ces mélodies en tête ?
N’es-tu pas triste
Du sang et des étoiles
Dans les rues rouges et vertes
Quand tout était à portée de main
Pourquoi es-tu en fuite
On n’attend rien de toi
N’attends pas non plus
Il ne faut rien attendre
Des isolements acouphéniques
Le noir de tes yeux n’y renvoie rien
Un de ces soirs tu comprendras
La tonalité emplira ta chambre
Comme une tempête insoluble
Et à toutes les heures de toutes les nuits
Tu te dirigeras à ta fenêtre
Il n’y aura plus qu’elle
Tu ne verra plus la fin de rien
Et le cœur arrêté
Depuis ton building facile
Fais-moi confiance
Tu regarderas très loin
Comme la vie est dégueulasse parfois
Comme tout est fragile
Alors
N’oublie pas que tu aimais les salons enfumés
Et le sourire du poète.
_________________
RETRO TANGO
A chaque fois que quelque chose termine
Et que la pensée redevient
Hystérie collective au dernier étage des thérapeutes
Toujours
Je me dis la même chose
Cardiologique
Si les femmes accouchent sur le trottoir les gens meurent sur le trottoir
S’il y a des essais
Si on déchire tout
Le réel ne persévère pas
On n’a que les rêves pour le croire
Bien plus que l’espoir
La vision du monde
Qu’est-ce que tu racontes ?
Les questions se déplacent et stagnent
Pourquoi de l’altérable
Pourquoi sensible
Pourquoi l’ascenseur et pourquoi si peu de paroles
Pourquoi cylindrique
Pourquoi nomade
L’arrachement
Toujours vers l’avant
Carburant
Le sang est tiède et sûr
L’homme l’a compris depuis longtemps
Rien ne reste
Les rivières ne s’arrêtent pas
Même en hiver sous la glace
En arrière, trop tard
Et survivre
Kevlar
Je suis encore là un moment
Combien ?
Aucune idée
On verra bien
Ton horoscope ment alors
Viens, Aléa
Danse un peu pour moi.
_________________
JACK
Les guitaristes se croisent dans la rue et se reconnaissent
La place carrée et l’air gris et l’air blanc
L’air cigarette
Alors c’est un visage
Enregistre ton hurlement
Un tuyau relie parfois quelques gueules
Et quelques gueules se parlent
Larsen, tu étais pourtant debout
Tu te rappelles
Tes regards portaient le ciel
Ne t’inquiètes pas
Ronge
Que des plaintes électroniques
Qu’a-t-on fait aux femmes d’artistes ?
Cogne et claque
Que peut-on encore espérer
Les ongles qui grattent
Ni même un contact
De la technique
ZX chiffre
Les mots sont vides
Les ventres éclatent à chaque
« Tchack »
Ce n’est pas une langue
Mais ils le sentent
Tout se lie et se branche comme le jack.
_________________
ET JACK SUR LE CIEL
Blanche comme les racines fécondes
Sur les paumes agiles
D’une ville endormie
Egarée
Dans la chorégraphie intense
Qui salope à la surface les belles aspérités des chapes
(Et les rayures blanches)
La réaction fut fulgurante, les épicéas préparés
Pour le soir d’un bal mental
Gloire aux neurones
Highway
D’une rive à l’autre
On passe le flambeau
Et quand les mains de charbon plantent
Elles relèvent la tête de la terre
Le fertile se couche tard
Ses rêves sont atomiques
Le sel est balayé
Le monde coule le long de ma jambe
Et si tu rends sa langue à l’étrange
L’autre n’a aucune cruauté
Qui est la cruauté du miroir
Et je m’assois entre les fleurs sauvages
Et je pourrais être une constellation.
_________________
CORRIDOR
Riez quand je passe
Riez que vos pauvres phalanges se brisent
Je marche
Je marche avec l’amour et je le fais marcher
Et vivre
Toujours comme le héros grec
Simple homme de lance et de chance
Pour une fois
Prends tout en main
Dans tes mains pleines de poussière
Puis regarde ce que tu as fait
C’est ça
Cessez d’assourdir ma voix
Qu’on m’entende
Je suis parmi
Et je veux qu’on crie
L’époquée spasmodique
D’attendre un signe
Et la gueule écumante de la peur
Tu reste dans le flou
Développe
Parce que la pluie déchire
Parce que c’est trop facile
Parce que
Trop d’êtres en demande
Trop de mains en l’air
Dans le vide
Qui tournoient et n’attrapent rien
– Le vent ne se mêle pas au peuple
Sois cette fois celui qui chante
Obscur beat ou flûte de pan
Devant
Celui qui voit est vu.
_________________
DES CHOSES QUI ARRIVENT
Ma zone magnétique a la caresse des plantes une nuit de fin d’hiver
Certaines provoquent des délires
Je m’égare moi-même
Aphrodisiaque
Et si mon visage est le don de tous les dons
Involontaire
Choisiras-tu d’y voir un signe
Ou me diras-tu encore
Comme il peut manquer
Comme le cul de sac et comme le container
Comme les fils se tendent
Comme ce que tu sentais
Quand je posais ma bouche sur ta bouche.
_________________
CE QUI APPUIE SUR TES YEUX
Toujours retenus
Toujours empêchés de voir
Parce qu’on veut garder la mappemonde bien ronde
Est-ce ça la vraie vision
Y suis-je parvenu
Ou bien les territoires sont sans limites
Ou bien le ciel pourrait arrêter de se coucher
Personne ne l’admettra
Les gestes aveugles ont une couleur
Ils disent nomade et moi j’habite partout
Les hommes sont pénétrés
D’univers en univers
Les passions parlent bien aux sourds
Et mes mains disent le reste
N’écoute pas si tu veux
De toutes façons tu sais
Ce qui appuie sur tes yeux
Le jour
La nuit
Quand tu marches dans la rue sur l’impact de l’anonyme
Quand les pôles sont derrière et en bas
Quand tout se détourne
Quand je crois
Que pour la vie mystère des femmes
Une poésie existe encore.
_________________
LE VIVANT
Des machines observaient la vie depuis un bip
Bouchers et aiguilleurs s’essuyaient le front
L’anxiété était restée à la porte
Trop surnaturelle
« Qu’est-ce que le vivant ? »
Demanda le vagin à la sage-femme
La réponse se contracta derrière un masque :
« Oh, le vivant, voyons, c’est…
C’est ce qui se fait
Toujours
Partout
Béant
Dans la sueur et le sang
Maintenant
Tout est permis
L’homme n’est plus artificiel
C’est l’homme pour l’homme
Pourtant
Par vibrations
Il reste branché
Ca le calme quand il essaye
Quand il est seul »
Et le silence était moins inconnu.
_________________
PETIT OISEAU TOMBE DU NID
A tous les transferts
Au miracle et à la nourriture
Au peu qui résiste
Sur la dernière branche de l’arbre le plus bâtard du monde
Savez-vous ce que murmure Œdipe ?
Parce que j’ai peur de crier comme mon père
Je ne suis pas son fils et je ne l’ai jamais été
Vous ne saviez pas ?
Les pères sont asexués
Comme la turgescence
Père autoritaire
Carotte et bâton, hein
On ne dresse que les chiens
Barbe tyrannique
Camisole de faiblesse
Tu ne dis rien
Je peux frapper
Baisse les yeux
Naisse ma deuxième chance
Tournevis et prostate
Je te hais
Image modèle
Je t’aime aussi
Prends-moi dans tes bras
Les plus forts du monde
Toutes les merveilles dans ma maison
Tous les métiers dans tes mains
Pour me faire vivre
Ris
Essaye encore
Fais rire le gosse
Tu n’y arrive plus ?
Depuis que je t’ai battu au bras de fer
Pardon
Tu ne ressuscites pas
Je n’ai rien d’autre à t’apprendre
Et ma mère, qui pleure
Qui pleure
Je suis un ventre détruit
Et toutes tes peurs depuis
Vieille salope, toi qui m’a rendu faible
Pour te pendre à mon cou
Toi qui m’a fait avoir si peur tout le temps
De moi pour moi et autour de moi
Toi qui n’apprends pas
A être égoïste et têtu
Toi qui politise
Ton lait analgésique
Sécurité
Mais je n’ai plus d’yeux pour toi
Tu sais très bien d’où je sors
Les grottes m’écoeurent
Comme j’ai peur des caves
Hystérique pour une tache dans mon lit
Baiser ma mère
Est-ce que c’est ça
Est-ce qu’ils ont raison
Maman
Ôte ma main et toutes mes conneries de ton cœur
Je me rends compte
Comme tu n’auras jamais honte
Enfin, si peu
Mais tu sais
J’ai passé très peu de temps à t’appartenir
Ombilical
Quand tu rêves de médecine
Le futur me marie et j’aurai peut-être une fille
Placez les guillemets où vous voudrez.
_________________
POISSON LUMIERE
La mer attire le ciel dans la plus pure de ses lignes
La nuit des marées les plus hautes
Quand l’espace est d’argent
Regardez les vagues
Regardez-les monter vers le ciel
Puis retomber, avec leur cri de vague
Pour faire place aux suivantes
(Mais elles montent quand même)
Regardez
Si un soir
Au sommet de l’une d’elles
Vous voyez un poisson lumière
Il sera le témoin aveuglant de la plus pure évidence
Car il détient et expose en un saut
Son extraction de l’eau
L’universel enseignement
L’esprit
Ce que l’ombre entoure de clarté
Ce qui est rare
La vie sursaute.
_________________
RIEN DE CE QUI N’EST UN POIDS
Que fais-tu ?
Je regarde
Je regarde et c’est tout
Rien de ce qui n’est un poids
Ce qui porte
Intuitivement
Vers la fin
Nulle part
En homme libre
Du grillage sur la main
Confus
Barbouillé
Et les chevaux me regardent
Et les voitures pourraient me tuer
Je dormirai n’importe où
Je mangerai ce qu’il y a
Alors à quoi penses-tu lorsque personne ne parle ?
Aller au hasard
La route plus haute que toutes les autres
Ruban aigu
Unissant les milliards de directions
La promenade y est fluide
Comme une flamme dans les navettes blanches
J’aimerais que tout le monde me suive
Partage
Pour qu’il y ait de la chaleur
Personne et autrui
Mais s’il faut y mettre le prix
Ne plus jamais voir les visages qui furent les feux follets
Technicolor
Vos visages
Sachez juste
A quel point je vous ai tous aimés
Toi aussi
Comme vous étiez bâtisseurs de merveilles
Ce que vous avez abrité
Gardez bien ce souvenir en vous
Gardez-le
Vous savez bien ce que cachent les cagoules noires
(S’il vous plaît
Pardon)
Et les grandes paroles.
_________________
ALYSSIA
Une petite femme que j’ai connue gamine
Et qui aujourd’hui
Porte sur ses bras les ecchymoses populaires
Dans un endroit très improbable
Est venue vers moi
Elle m’avait reconnu
Moi je ne me connaissais plus
Je m’enfonçais dans le poème sombre qui devenait ma vie
Elle m’a dit
Avec toute l’authenticité de la terre
Que les drames n’existaient pas
Le cinquième acte n’a jamais été écrit
Et la douleur ne part jamais
Tout ça devient l’homme
Mon crayon est resté sur la table
J’ai pleuré
Je l’ai embrassée
Et je suis parti, sans me retourner sur rien
A la conquête du monde qui ne pèse pas un gramme.
_________________
NE TENTONS PAS LES CHIENS DE SISYPHE
Tu sais consoler
Tu sais faire rebondir le calme
Parce que la vapeur est une amie
Tu pourras bien observer
(J’ai des dons d’observation inouïs)
Laisser les choses venir
Tout ce que je peux faire est vraiment moi
Tour à tour
Musique
Drogue
Le geste est une définition
Presque aucune lumière et tourner en rond
Si c’est une cage
Se fatiguer
Retomber sur le lit
Plus vraiment un visage
Et mes mains grésillent
Sans fond peut-être
Pour que les buildings fourmillent d’êtres qui hurlent
Il y a du talent
Pour redire pourquoi l’attitude s’emprisonne
Il y a l’énergie
Pour ce que je peux sauvegarder sous les geysers de sang
Il y a tout l’effort qui reste
Et qui reste la vie.
_________________
LE FER A L’AIMANT
Et tes agresseurs peuvent être jongleurs de fêtes
Et d’autres langues entendues
Et tes doigts
Sculpter le plaisir
Et l’art
Et des digues
Pour les larmes que tu peux comprendre
C’est ainsi qu’on changera tes yeux.
_________________
AMMO
Comme visionnaire j’ai des maquettes dans les mains
Et comme photocopie, un peu de vie
L’angoisse se transmet par regards
Tourne sept fois la langue
Sous pression
Imagine le script
Par projections
Tu pourras peut-être
La came en toc
Arrange-toi avec
Mais si la vie est un tel jeu
Roulette russe automatique
Si ça tourne, six
« On » projectile
Ca ne rate pas
Mais moi,
Comme architecte
Je ne joue pas l’absurde
J’ai plus d’issues que le cri
Mieux à créer que l’impact
Plus à faire que de temps
Radioactif d’amour
BOUM
Fzz.
_________________
DES GRAINES QUI REMUENT
Certaines fois
La moitié du monde ressent un frisson
A cette même seconde
Il y a deux bras pour connecter les silencieuses
Aux poumons du vent
Inspiré
Quelque part quelqu’un
Est devenu catalyseur
Et descendait la chaleur centrale du ventre
Même si rien ne change
Tout est très lointain
Tout est très inconnu
Les jeunes filles qui discutent
Les vieillards inimaginables
L’amour comme le lancer de dés
La mer froide et répétitive
Sous le ciel gris dont les mouettes raffolent
Les yeux ne se croisent jamais
Dans mes mains fines et boueuses
J’ai planté un arbre pour qu’il se montre à tout le monde
Il est réel
Il ressemble à un miroir dans la terre sèche
Sans teint
Il ne nous lie plus à rien
Observe-le
Superpose-le à mon regard
Et qu’on rompe le silence.
_________________
IL Y A EU DE L’EAU
Après quelques verres, un soir sans unité
Un homme en Mars retrouva de vieilles photos dans un tiroir
Sur chacune
Il vit un être rouge comme une diagonale
Il eut un sourire
Une pensée pour un autre temps
Et comme chaque seconde un enfant naît
Il se mit à ranger un peu.
Publié par
B.H.
à
10:17
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Libellés : La machine quotidienne, Poèmes
jeudi 26 février 2009
Pour Nascita
Si vous pouvez, lisez le recueil dans l'ordre : de Séjour à Motus.
Bonne lecture !
Publié par
B.H.
à
17:03
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